Vers un manifeste du Social Rich Learning et du Social rich media

    J’ai récemment tapé dans Google ces trois mots : « social rich learning ». Rien trouvé. Puis « Social rich media ». Bon sang, toujours rien si ce n’est une seule et unique réponse utilisant exclusivement cette expression – mais dans un contexte ne convenant pas tout à fait à ce que à quoi je me serais attendu en toute logique (et dans un article daté du 31 janvier 2008 – puis plus rien ne comportant cette expression dont j’étais persuadé qu’elle véhiculerait de nombreuses opportunités). Si vous lisez ce billet avant fin février 2010, essayez, vous verrez.
    Non pas que j’aie été déçu de ne trouver qu’un article faisant référence à une solution d’éditeur (apparemment sympa au demeurant), mais j’ai été très surpris que personne n’ait intellectualisé la notion induite par l’expression.
    On parle pourtant bien d’interfaces riches, de rich commerce, de rich media; on parle bien d’un autre côté de Social learning et de Social media : comme je ne suis pas du côté de ceux qui font la course aux inventions jargonneuses et autres néologismes 2.0, je ne cherchais pas à réclamer la paternité d’un concept et ma recherche était dans un esprit de pure veille. Mais là, le vide observé m’anime d’intentions compulsivement propédeutiques.
    Pourquoi ? – parce que j’ai réalisé que l’expression a un véritable intérêt dans la mesure où, paradoxalement, elle s’est imposée à moi non pas comme le fruit d’un cheminement intellectuel, mais dans une situation de recherche du fait d’une évidente lacune. Par sérendipité purement cérébrale si j’ose dire.

    Cette fois je n’attendrais pas qu’on m’impose une vision au carré ou cubique du web (je l’avoue tout net : je n’y adhère pas encore), pour autant la course aux mondanités élitistes dans le microcosme des gourous 2.0 ne m’anime guère : juste une immense frustration : je suis en quête d’aspérités, de poignées, et si je ne me raccroche pas à un concept solide je vais tomber dans le vide ou me raccrocher à des branches qui ne supporteront pas le poids de mes besoins en formalisation de pensées et en précision sémantique. J’ai donc décidé de me saisir de cette notion tout simplement parce qu’une expression me manque à moi, personnellement, au quotidien, pour définir ce que j’ai involontairement inventé en développant une web-tv à l’origine purement expérimentale : techtoc.tv.

     

    Dans le billet qui va suivre je vais tout d’abord décrire en quelques mots le fruit de mes trouvailles involontaires du fait du tâtonnement rendu possible par techtoc.tv, la première web-tv à dimension véritablement collaborative (à ne pas confondre avec « communautaire », le terme ne décrivant qu’une étique partie de la réalité concernée). Je vous dirais ce que je pense du concept de Social Learning, crucial mais insuffisant pour mon besoin de formalisation.

    Enfin je ne sais pas encore comment je vais conclure, mais grosso modo je vais me débrouiller pour vous transmettre la passion et la sincérité avec lesquelles je suis tombé sur les notions de Social Rich Media, et de Social Rich Learning qui me semblent totalement indissociables et néanmoins distinctes (mon malicieux ami Vincent Berthelot avec qui je pérore de tout cela au quotidien a posé les termes de « Social Rich Media Learning » – il faudra que je l’invite à boire un coup pour le convaincre doucement de se ranger à ce que j’estime être ma nécessaire scission sémantique, ne serait-ce que pour des raisons de longueur d’expression).

    Dans la suite de mes billets, je vous livrerai le fruit de lectures scientifiques passionnantes qui viennent avaliser un certain nombre de théories, je vous parlerais de ce que j’estime être au fondement d’un Cerveau Global, ce qui m’inspire et me fait penser que le sujet est fondamental à échelle universelle. Mais cela sera le fruit d’autres approfondissements, le présent billet nécessite déjà forcément d’être long.

     

    Observations issues de l’expérience techtoc.tv :

    Le succès de techtoc.tv a été une énorme surprise, c’était au départ une expérimentation n’ayant d’autre prétention que de nous permettre de tester notre plateforme collaborative. A l’origine, une site vidéo communautaire nous semblait souffrir d’un déficit gênant : l’absence de couche sociale. Moralité : Dailymotion et YouTube affine leurs business model autour d’une éditorialisation croissante, de la pertinence du référencement ou encore de services aux annonceurs, mais il ne faut pas confondre « User Generated Content » et collaboratif. Les sujets livrés sur ces plateformes sont le fruit d’initiatives individuelles, et ces sites sont avant tout des diffuseurs, les conversations n’y sont pas constructives mais relèvent de l’épiphénomène.

    Dans l’initiative techtoc.tv l’idée c’était :
  • De recruter les intervenants avec qui nous souhaiterions discuter en table rondes en mode talkshow ;
  • De proposer les sujets en ligne avant même des enregistrer ;
  • D’infléchir la ligne éditoriale des sujets en fonction des premiers retours ;
  • De catalyser la conversation : ne pas la laisser livrée à elle-même mais s’y mêler, exposer les règles du jeu en filigrane et de facto permettre aux visiteurs et aux membres inscrits de percevoir la présence d’une intermédiation qualitative. En somme tout le monde est invité au comité éditorial, mais il y a des rédac chef.
  • De recruter des talents : sont accédés ensuite au statut de contributeurs, sans règle écrite, en privilégiant l’échange purement informel, les membres les plus actifs ayant accepté de jouer en toute transparence le jeu de l’échange.
 

     

    Premiers constats après 8 mois d’existence :

  • Ce qui aurait dû être une vingtaine de contributeurs (notre ambition initiale, sic) s’est révélé être 600 contributeurs actifs scindés en contributeurs très actifs (284 à ce jour) et plus de 300 autres membres ayant les statuts « d’intervenants occasionnels » ou « conférenciers ». Je dois même ajouter que du fait de ces rencontres qualitatives c’est ainsi que notre société a recruté de façon inopinée quatre nouveaux collaborateurs, parmi les contributeurs actifs.
  • Le site est désormais sur un rythme de croisière de 600.000 pages vues pour un peu moins de 180.000 visiteurs uniques et une moyenne de 140.000 vidéos chargées chaque mois. Toutes ces vidéos étant réalisées exclusivement avec des techniques moyens internes, mais avec une logique éditoriale collaborative.
  • Nous avons dépassé il ya deux semaines le cap des 4000 inscrits ayant pris le soin de se créer un profil complet sur le site : un peu moins de 50% d’entre eux sont positionnés en mode public, le reste ce sont donc des gens qui ne sont pas forcément là pour s’exposer, mais pour dialoguer à visage découvert avec les membres du réseau avec qui ils échangent, ou pour pouvoir postuler sur les plateaux que nous organisons.
  • La plus grosse source d’étonnement est liée au temps de visionnage moyen d’une vidéo (sachant qu’elle dépassent toutes une heure de plateau TV) : si l’on exclue les clics ne donnant pas lieu à plus de 4 secondes de visionnage (durée du générique d’ouverture), les visiteurs regardent en moyenne 83,5% du temps total de chaque vidéo… J’y vois principalement la récompense d’un style direct, sans ambages, sans concession aux consensus mous quand ils ne s’imposent pas, des moments de questionnement et d’ignorance décomplexés : le snobisme et l’élitisme ont immédiatement été bannis, la langue de bois aussi. Les visiteurs ne se sentent pas « markétés » et ils ont raison.
  • Les commentaires n’ont jusqu’à aujourd’hui (je touche du bois, tiens, pourvu que ça dure), jamais nécessité la moindre modération : nous eussions attendu un ou deux trolls en goguette; mais apparemment, les contenus et l’initiative inspirent une sorte de respect, la communauté est en quelque sorte le fruit d’une autorégulation collective, il plane sur ce site une déférence mutuelle immédiatemebnt perceptible des nouveaux venus.

     

    La table ronde au cœur d’un cercle d’absorptions mutuelles et croisées :

    Enfin dernier constat : il est ressorti de cette expérience un surnom, celui dont les proches contributeurs m’on affublé, à savoir « Bob l’éponge ».

    C’est de là que tout est parti et c’est ce qui explique cet exercice de formalisation que j’estime utile et même nécessaire. Parce qu’après tout je ne suis pas le seul à mériter ce surnom qui ne vient que d’une chose : à savoir que nous absorbions toutes nos connaissances mutuelles d’une façon qui n’a absolument rien à voir avec la façon dont on absorbe l’information reçue passivement face à un émetteur magistral.

     

    Nous sommes tous interconnectés et nos fluides intellectuels sont mixés non seulement dans les conversations générées en amont et en aval des tournages, mais au travers de ce que j’ai voulu être le symbole fondateur de nos web-tv : la table ronde qui est au centre des débats – je l’ai faite construire sur mesure pour qu’elle soit suffisamment grande et confortable pour un débat avec de nombreuses invités, jusqu’à 9 parfois.

    Symboliquement, les invités sont tous à équidistance du centre et une forme surprenante d’intelligence collaborative surgit de cette manière d’échanger sur un parfait pied d’égalité dont la référence remonte aux Chevaliers de la Table éponyme (rien à voir donc avec les fameuses « tables rondes » organisées dans les salons professionnels dans lesquelles les invités sont à vrai dire en rang d’oignon face à la salle, manquent de micros et sont invités à ne jamais s’interrompre pour ne pas troubler les exposés académiques ou commerciaux de leurs voisins) :

     

  • Ici le débat est encouragé avec franchise,
  • Le modérateur n’est pas un passe-plat, il prend une part critique à la conversation en cours et surtout encourage la prise de parole,
  • Liberté de ton et de parole cohabite avec un encadrement structurant,
  • En filigrane tous les invités savent qu’il faut donner le meilleur de soi-même puisque tout est filmé et rediffusé sans possibilité de s’y opposer après coup, ni de procéder à des retouches au montage (cette perception d’un environnement médiatique engageant a un impact sur la concentration de chacun).
 

     

    La nuance entre communautaire et collaboratif :

    Je ne sais pas si j’ai besoin dès lors de faire un long détour pour exposer les différences ou nuances qui existent entre « communautaire » et « collaboratif ».

    On peut être dans sa communauté totalement livré à soi-même et ne pas collaborer : simplement déposer une information.

      

    Ici le collaboratif nait de la friction des questions, des réponses, du contexte médiatique qui engage et responsabilise, du fait qu’en vidéo, un visage bien filmé de face et en prise avec une conversation animée, a beaucoup plus de mal à embellir un point de vue insincère que ne peut le faire une plume propice aux tournures écrites qui dissimuleront mieux sophismes et argumentations captieuses : la réaction-punition est immédiate, l’incompréhension perceptible chez les autres participants est tout de suite visible et entraîne des questions dérangeantes.

      

    Heureusement, nous pouvons bien sûr éluder pour l’instant le piège de la maestria politique dont savent faire preuve nos édiles communicantes ; ici les jeux d’acteurs n’ont pas encore leur place, et quand bien même on observerait une tentative d’effet de manche, les émissions échappent au style minuté, préfabriqué des émissions habituelles et donnent toute la place au droit de réponse immédiat même s’il faut repousser la fin de l’enregistrement d’un quart d’heure. 

     

    L’argumentation et le désir de clarté relèvent d’un jusqu’au-boutisme assumé comme méthode de travail. 

       

    La surprise finale réside dans l’extraordinaire injection de connaissance en accéléré que représentent ces échanges filmés. 

      

    Immergés (ce qu’aiment les éponges) dans ces séances de mises à l’épreuve de leurs connaissances, dans un contexte qui ne laisse plus vraiment de place aux discours corporate policés, les membres participants me font presque toujours une remarque liée de près ou de loin au plaisir qu’ils ont eu de mesurer dans cette situation un peu nouvelle ce qu’ils avaient pu apprendre – et pas simplement ce qu’ils avaient pu exposer.  

     

    Au commencement était l’engouement participatif :

    L’engouement participatif est l’étincelle de départ : parce qu’une communauté a besoin de partager un but commun pour prendre une dimension collaborative, l’enregistrement d’un plateau devient le prétexte fondateur.

    L’immersion participative se révèle un levier idéal de connaissance, le plateau Tv se révèle un examen de passage intellectuellement stimulant qui oblige chaque participant à fouiller en soi-même et réunir mentalement les ressources de son exposé la veille du tournage, qui permet de concrétiser ce cheminement en lui donnant une finalité. 

     

    Comme toute personne normalement constituée, nous sommes en quête d’une gratification : ici c’est celle qui consiste à faire bonne impression auprès de son audience.

    Mais si n’était qu’un sympathique exercice de communication, vous imaginez bien que je j’en serais pas là : ici un apprentissage collectif émerge dans la friction participative.

      

    En thermodynamique, si j’y connaissais quelque chose je pourrais vous épater dans le détail mais pour les besoins de ma démonstration vous saisirez le raisonnement général, on sait que du frottement résulte une déperdition d’énergie : or quand on sait récupérer cette énergie, cette chaleur qui est le fruit des forces contraires qui entrent en collision, peut faire l’objet d’une récupération qui peut à son tour alimenter une dynamo et actionner une ampoule.

    La métaphore est parfaite puisque l’énergie lumineuse qui surgit de tous ces frottements c’est de la connaissance, et cette connaissance a d’autant plus de valeur pour les participants et leur audience qui s’implique dans la conversation ou suit le challenge par procuration, que c’est une connaissance fabriquée dans l’interaction entre tous les intéressés : c’est connu, on apprend mieux en s’impliquant ou même en enseignant aux autres ce qu’on découvre en l’enseignant comme le neveu de Rameau.

    En disant tout cela je pourrais avoir décrit ce que d’aucun ont découvert et considéré comme du « Social learning ».

     

     

    Différences avec le Social learning :

    Le terme me dérange en ce qu’il se limite au constat de ce que depuis la nuit des temps les hommes font déjà informellement: ils apprennent ensemble dans un univers d’interdépendances complexes, le plus souvent informelles et qui même perdent en efficacité à mesure qu’on tente de les formaliser après coup. On fait un peu semblant là de s’émerveiller d’une découverte qui n’en est pas une, et puis on va vous vendre du conseil pour favoriser le fameux apprentissage informel.

    Reprendre à son compte une propension naturelle et universelle présente un intérêt :

    Celui de la formaliser.

    OK.

     

    Mais de sérieux désavantages en résultent : on tente d’injecter de l’informel pour favoriser le petit miracle.

    Et pour que cette injection fonctionne il faut en quelque sorte sortir avec recul du contexte de son émergence « innocente » (au sens philosophique du terme).

     

    Le Social learning est donc un concept crucial, je ne le conteste pas.

    Mais c’est plutôt un constat, qui ne fait pas état d’une formalisation utilitariste (car c’est bien ce qu’on lui demande).

     

    Tout l’intérêt de la démarche consiste à enrichir cet état de fait qui est le fruit de l’engouement instinctif que tout un chacun ressent quand il est immergé dans un environnement participatif stimulant. L’enrichir comment ? Par des outils appropriés : pour moi c’est le contexte que nous avons donc créé, sans avoir de prime abord complètement saisi sa portée, en créant techtoc.tv, dont je suis persuadé aujourd’hui que chaque élément joue un rôle scénique et stimulant fondamental :

    la table ronde, la plateforme collaborative, l’intermédiation éditoriale (avec son lot de risques), la sanction de l’enregistrement, l’acte final et hautement symbolique de cession de son droit à l’image etc.

     

     Je ne pars donc pas du principe que je suis là pour favoriser l’émergence du Social learning : « tu ne me chercherais point si tu ne m’avais déjà trouvé » nous rappellent les Evangiles.

    Cette composante énergétique est-elle là ou pas ? – là n’est pas mon affaire, je ne suis pas chargé de cette mission ardue qui consiste à faire croire que je pourrais favoriser l’alchimie collaborative : là est toute ma nuance. Je ne suis là que pour l’enrichir.

    Je pars donc du principe qu’elle peut exister mais je m’en lave les mains – ceci étant dit en toute franchise dans le but d’éviter les malentendus.

     

    Car ce que je chercherais trop à provoquer pourrait en dernière analyse créer un effet laboratoire : à trop vouloir quelque chose, on finit par le saboter.

    Philosophiquement le problème a été traité par d’autres : il est impossible d’être ce que l’on sait, ou de savoir ce qu’on l’on est.

     

    La petite distance, ce je-ne-sais-quoi ou presque-rien de conscience qui s’immisce entre la conscience et l’action signifie la perte de l’innocence dans l’intention. Chacun a pu l’expérimenter d’une façon ou d’une autre. Un acteur qui s’observe en train de jouer cesse de ressentir l’émotion précieuse. De même quiconque partirait du principe qu’il lui faut « inventer » le nouveau Twitter serait bien en peine d’en renouveler l’alchimie expérimentale, la découverte involontaire: la préméditation n’est paradoxalement pas compatible avec la découverte de génie. Nietzsche lui-même estimait que le cerveau pouvait produire au hasard 5 minutes de trouvailles géniales par jour grand maximum, mais que c’était le fruit d’un travail acharné inconscient de lui-même, au point qu’on ne sait qu’on a fait une belle découverte qu’avec le recul, ou quand c’est un regard extérieur qui vous confronte à la trouvaille.

 

     

     

    Le Social rich learning :

    En somme je m’abstrait totalement de cette alchimie qui ne me regarde pas.Mais si elle existe, et seulement dans ce cas de figure, le bon dispositif est là, qui entre scène.Et « enrichit » alors l’expérience constatée: au moment où elle est lancée, on instille des outils permettant de l’optimiser.

     

    Dans techtoc.tv nous avons donc involontairement soutenu une alchimie, nous ne l’avons pas favorisée, la nuance est importante : nous ne sommes pas dépositaires d’une quelconque trouvaille située dans coucou-les-nuages. Nous accompagnons les frictions et les instants de vérité.

     

    Pour exprimer cela je n’ai donc trouvé de meilleur expression outil de travail que les termes de :

     

  • Social rich learning
  • Social rich media

      

    Le Social media désigne un outil, un état de fait, presque au même titre que le Social learning, c’est le mixage des deux dont il surgit une nouvelle réalité, et là une méthodologie peut être appliquée . Là, on peut tenter de renouveler l’expérience, mais à, partie des ingrédients adéquats, pas en prétendant faire naître ces ingrédients. Quoiqu’on pourra toujours s’arroger le mérite de leur résurgence cyclique et inévitable (un jour ou l’autre) mais là n’est plus le débat.

     

     

    Enrichir le media social :

    Notre travail consiste à enrichir le media social, à enrichir l’impulsion implicite de la communauté apprenante désignée par ce vocable de Social Learning : celui-ci est une réalité donnée, fiable, objective. L’ajout d’un dispositif est quant à lui le fruit d’une méthodologie : en tant que telle elle ne promet aucun miracle, mais elle peut décupler l’effet avantageux de l’alchimie si elle existe en amont.

    Je ne suis pas en concurrence avec mes collègues penseurs du « Social learning », mais en complémentarité.

     

    Je ne me réclame à vrai dire que d’un aspect particulier de leur formalisation plus ambitieuse et plus large.

     

    Se disputer sur la paternité du concept ou se lancer dans une polémique à l’échelle de notre microcosme intellectuel sur la nuance que j’apporte serait aussi vain que si l’on avait pinaillé à la sortie du terme « rich media » quand « multimédia » existait déjà. L’introduction d’un nouveau concept doit avoir une valeur pratique, c’est le cas du Social rich learning, qui est un cas particulier du Social rich media – ou du moins sa variante la plus évidente et la plus stimulante pour en percevoir la portée.

     

    En ce qui me concerne un hasard expérimental m’a permis de mettre le doigt sur une notion qui comble désormais ce que j’estimais être un vide, une lacune jusqu’alors indicible.J’espère susciter une opportunité de débat et d’échanges pour que de ceux-ci, puisse naître une connaissance ascendante.

     

    J’avais besoin d’un repère et d’un point d’entrée pour matérialiser en quelque sorte ce premier jalon d’une réflexion que je compte mener et approfondir dans un premier temps avec mon ami et co-formalisateur Vincent Berthelot sur un blog à l’adresse socialrichmedia.com et sur socialrichlearning.com pour ses applications particulières au monde de la formation – sous forme d’une méthodologie que nous avons créée avec nos web-tv et que nous allons continuer de pousser.

     

    Et bien sûr, il va de soi que nous allons rapidement proposer des plateaux où d’autres experts viendront nous livrer leur ressenti.

     

    Cela devrait enrichir le processus d’apprentissage croisé…

février 21, 2010

TechTocTv.com : login or not login ?

La problématique de l’authentification sur TechTocTv.com : nous y réfléchissons encore en espérant nous montrer les plus agiles possible – je l’avoue sans difficulté : cela peut encore évoluer

C’est un vrai débat en soi, propice au cas d’école !

Je précise néanmoins à l’attention de « Karine D. » qui a commenté sur une vidéo accessible depuis le site de Michelle Blanc, que ce n’est PAS un modèle payant, et que TechToc comme tant d’autres réseaux demande simplement une création de compte pour pouvoir visualiser gratuitement toutes les vidéos du site. La plateforme n’est pas du tout conçue pour créer une campagne commerciale par la suite, dans notre esprit c’est une sorte de groupe Facebook sans Facebook, histoire de se dire : « soyons honnêtes, un contenu ciblé B2B n’est pas fait pour toucher bcp de monde, l’objectif c’est de savoir quelles sont les personnes qui veulent bien rejoindre ce groupe pour y partager des vues ». Donc a priori notre choix est lié au fait que diffuser ces vidéos sans savoir qui les regarde n’est tout simplement pas motivant : car ce ne sont pas des vidéos grand public a priori. Je dis cela mais je ne prétends pas encore avoir la vérité infuse bien sûr ! C’est mon premier positionnement et je veux juste en débattre ici en livrant mes réflexions.

Pourtant, même sur Facebook on ne peut PAS lire les vidéos, à moins d’être authentifié(e), et il n’y a pas même de possibilité d’embarquer le player !
Peut-être devrions-nous donc faire de même ? – En évitant de mettre le code d’embed dans le player, tout simplement pour ne pas générer la dimension déceptive ? Tant il est vrai qu’hors du contexte du site il est très difficile de comprendre que la vidéo rentre dans le cadre d’un réseau professionnel et… n’a selon nous aucun intérêt en dehors.

Je re-précise quand même brièvement le contexte : TechTocTv est un réseau privatif en phase de test / beta jusqu’au 30 septembre. Il est sans prétention commerciale et beaucoup plus modeste qu’un gros réseau cela va de soi – et nous assumons lucidement le caractère expérimental de la chose. Nous avons avancé par enthousiasme et sans chercher à anticiper toutes les problématiques, que nous attendons forcément nombreuses en cours de route. Pour rester dans le droit fil du billet qui me fait d’ailleurs réagir ici, j’en profite pour remercier Michelle, Vincent et Claude d’être venus échanger des vues en plateau : ce sont des intellectuels généreux et passionnants. Nous avons 150 contributeurs de grande qualité qui nous honorent par le temps qu’ils nous ont accordé face caméra ou en acceptant que leurs interventions en séminaires soient filmées, et que nous devons d’ailleurs aussi remercier, mais qui, comme les lecteurs de Michelle, penseront peut-être qu’il faut débattre de l’authentification obligatoire sur le site d’ailleurs qualifiée, et je le comprends, de contre-productive par elle-même : je ne le sais pas encore, mais je l’anticipe donc à l’aune de ces premières réactions sur le blog de Michelle.

Etant nous-mêmes très présents sur de nombreuses conférences, nous sommes coutumiers du process d’inscription qui semble naturel en contexte B2B : aujourd’hui encore j’étais sur une conférence (ONLINE 2009) : l’accès, comme pour toutes conférences, ne pouvait être accessible qu’aux préinscrits, et l’inscription est un long formulaire online : sur TechToc, il y a au moins la compatibilité « Facebook connect » qui permet de gagner un peu de temps, mais surtout, l’objectif est de permettre de reconnaître les visiteurs pour qu’il leur soit possible à leur tour d’être identifiés comme intervenants possibles sur de futurs plateaux. Dans cette phase de tâtonnement, peut-être avons-nous donc surtout un vrai problème de communication à régler j’en conviens !

Mais je m’interroge toujours sur l’énervement de ceux qui veulent des vidéos aussi ciblées, sans contre-partie aucune, alors que pour une conférence il est naturel de se doter d’outils permettant des trackings ultérieurs plus précis. Dans une conférence, on accepte d’être fiché(e), mais sur le web, les vidéos doivent être gratuites et sans pub : je ne porte pas de jugement amer, je le constate et je suis en train d’en tirer de nombreux enseignements !

Alors… je continue à réfléchir « à voix haute » avec vous : notre but est de construire un réseau pro très ciblé, rien d’autre – grosso modo un groupe de réflexion qui se retrouve aussi bien dans nos studios que dans les conférences à l’extérieur que nous co-organisons souvent. Viadeo, Linkedin etc. sont pourtant bien protégés par mot de passe ? Par conséquent… ce qui est accepté dans un gros réseau est inacceptable dans le nôtre ? OK… Pourtant… nous allons jusqu’à proposer une valeur ajoutée éditoriale gratuite… J’osais espérer que les professionnels qui nous suivraient pourraient subodorer et saisir que ce contenu coûte très cher à réaliser surtout à l’aune de son audience ultra restreinte. Bon… malgré tout, je vais bien sûr assumer et faire mon autocritique : je n’avais pas vu venir cette contestation fort légitime et je continue à vouloir adapter le tir.

Premier constat : dans cette phase beta expérimentale, il nous faut mieux communiquer sur le fait que nous voulons être un réseau professionnel ciblé (et confidentiel). Sinon, on va continuer à penser que c’est une web-tv dans laquelle il y a des fonctions réseau, et non plus un réseau avec des vidéos à l’intérieur !

Deuxième constat : il est ici question d’utilisabilité, sujet sensible et que je ne minimise pas, surtout pour un site web; il est question d’usages acquis… et pourtant c’est encore un vaste sujet pour un vrai débat : si vous regardez en effet les vidéos de Ted.com, elles sont géniales, haut de gamme etc., et bien sûr faciles d’accès : mais les conférences sont payantes et plutôt chères (normal, c’est très qualitatif). Mais il y a là un business model que nous n’avons pas les moyens de développer pour le moment… Regardez d’un autre côté YouTube et Dailymotion : sans produire de contenu, ils perdent des fortunes – quand cela sera-t-il rentable ? Depuis plus de dix ans investi moi-même dans le thème du rich media et de la vidéo sur Internet, je pourrai dessiner une fresque gigantesque avec les logos des web-tv qui ont vite disparu, faute d’être rentables. La seule chose qui permette à une web-tv de « tenir », c’est la motivation initiale à en faire une plateforme de visibilité marketing (quand on a quelque chose à vendre, ce qui n’est pas franchement notre cas). A moins qu’on puisse la monétiser, ce qui n’est pas plus notre intention (ce n’est guère possible à moins de monter sérieusement en gamme et de mettre une équipe en place : or cela n’est pas notre métier).

J’observe néanmoins qu’une émission Tv déprogrammée de France 5 s’est convertie en une web-tv payante – et ça a l’air de marcher puisque son créateur revendiquait l’an passé 40.000 abonnés ! (l’émission, sur le thème du décryptage des media, c’est « Arrêt sur Images« , 30 euros/an). Giga OM, sur tout un tout autre secteur pourtant clairement identifié comme source sacrée d’information gratuite, cherche un débouché et lance une offre payante autour de son blog (en version pro / premium) : est-ce un signe qu’on va commencer à arrêter de faire croire que tout peut-être gratuit et financé par une bulle qui, avant d’éclater hésite, comme dirait Gainsbourg, entre le rot et le pet ?

Hmm.

Peut-être vais-je vous surprendre : au tout début, pendant 6 mois, TechToc était un blog wordpress improvisé intégrant les premiers plateaux TV sans authentification préalable à la connexion : j’allais interrompre le site dans la mesure où ces contenus ultra ciblés étaient sympathiques à réaliser dans le cadre d’une opération d’évangélisation limitée, mais ne rapportaient rien à personne au-delà d’une première phase de visibilité qui n’a guère eu de véritable impact business pour nous, et puisque personne ne les finançait…

Nous savons que si les gens s’habituent au gratuit même pour du très haut de gamme nous faisons pâle figure, aussi allons-nous probablement devoir arrêter le site si nous ne trouvons pas mieux et si ces premières critiques se révèlent être les premières d’une série croissante ;-) parce que nous le faisons à titre totalement bénévole et qu’en dehors d’éventuels débouchés vers les grands organisateurs de conférences, nos contenus sont impossibles à monétiser (si ce n’est pour une ciblé très restreinte et au prix d’un tolé plus terrible que tout auprès du reste des intyernautes of course)!

A voir, donc, réflexion en cours, et totalement ouverte : vos idées et critiques sont les bienvenues… je reste 100% ouvert à vos suggestions !

Nous ne désespérons pas qu’un sponsor puisse éventuellement financer un fil de programmes – mais de fait peut-être y perdrons-nous autre chose ?

En attendant je concluerai par cette remarque totalement franche : en tant que professionnel de la vidéo sur Internet, la rumeur bien pensante autour de la nécessaire gratuité, souvent en provenance de gens qui n’ont pas conscience de certaines réalités économiques terre-à-terre, de gens habitués au règne du tout gratuit (qui n’est jamais qu’un marché saccagé par les géants qui se permettent d’y engouffrer des budgets sans fonds dans une optique très puissante de conquête et de le relative hégémonie), bref, cette rumeur m’insupporte.

Pourtant, je n’écoute pas ce rejet intérieur, je sais trop que j’aurais tort et qu’il faudra bien faire avec. Ce que je perçois comme la rumeur d’une foule trop gâtée, moi aussi, je vous rassure, je l’appelle « intelligence collective » pour ne pas avoir l’air d’un réac 1.0 totalement largué. Mais dans l’intelligence collective, il peut aussi y avoir un bon gros rouleau compresseur de médiocrité bien pensante : et j’attends avec impatience le jour où l’on va désacraliser cette pensée dominante à l’aune d’une autre vague, celle-là probablement plus fatale, de faillites autour des modèles qui ont contribué à promouvoir le mythe du tout-gratuit.

Intéressant, non ? L’avatar instantané grâce à Logitech Quickcam !

Ces gens-là qui innovent dans les technologies d’avatars et les webcam ont le don d’éveiller en moi le grand enfant qui sommeille :

Google adWords rich media (cliquer sur l’image)

décembre 18, 2008