Enfin de l’exemplarité pour la non discrimination à l’embauche : Nos Quartiers ont des Talents

Un ami me disait récemment : « les gens qui ont réussi dans la vie m’intéressent moins parce qu’ils sont bien plus préoccupés à s’arroger de nouveaux droits qu’à se rappeler de leurs devoirs ».

Or j’observe cette initiative, jetez un oeil pour me comprendre.
Je ne sais pas si vous réalisez la teneur quasi miraculeuse de ce que font les entrepreneurs du niveau de M. Claude Bébéar lorsqu’ils s’investissent ainsi en faveur des jeunes, mais il font tout le contraire !

Alors qu’en effet, depuis déjà très longtemps, il n’a absolument plus rien à prouver, M. Bébéar se positionne en faveur de NQT, pour instiller une capacité d’autocritique et de remise en question chez les entreprises, et pour favoriser un peu plus de justice sociale : il réalise là quelque chose de parfaitement désintéressé. Il oublie tous les droits et toutes les possibilités immenses que lui accorderait probablement sa bonne fortune et se définit une ligne de conduite en fonction de ce qu’il estime être ses devoirs d’homme capable d’une grande influence.

Voilà, j’espère juste que vous serez comme moi, plusieurs à saisir l’importance de la chose et à percevoir l’absence totale de flagornerie dans mes propos : que le fondateur d’Axa, une des entreprises en France qui a créé le plus de richesse, prête son temps et accorde ses conseils et sa sagesse à NQT est en soi un signe encourageant pour cette initiative.

Et bien entendu, une démarche exemplaire à l’aune de tous les débats et dérapages dont les médias se font habituellement l’écho un peu vite, et que nous ne sommes pas peu fiers de relayer à notre façon. j’espère aussi que vous pourrez faire de même en transmettant ce lien à vos directions générales car l’ambition de NQT c’est de grandir et de trouver d’autres parrains volontaires pour offrir quelques heures de leur temps chaque mois pour des jeunes qui le méritent.

De l’Art délicat d’insuffler loyauté et motivation : « inspirational » in English, please.

Ce film n’est pas le meilleur film  d’Olivier Stone, et encore moins un chef d’œuvre, par contre il comporte l’une des meilleures scènes de la carrière d’Al Pacino à mon goût :

   

 

J’ai retrouvé cet extrait que j’adore en utilisant "Inspirationnal" comme mot-clé dans Google.

 

Je cherchais justement (et désespérément) un champ lexical pour me rapprocher de cette notion d’ "Inspirationnal", de l’idée apportées par ce quasi anglo-barbaro-néologisme – pour tenter une traduction, ou du moins une adaptation en français : ni le Grand Robert, ni aucun autre grand dictionnaire ON LINE ne propose de traduction appropriée pour ce terme.

 

J’ai toujours pensé que l’absence d’un mot approprié pour exprimer une idée d’une langue vers l’autre, traduisait une lacune culturelle profonde (et pas juste un vocabulaire insuffisant pour une idée donnée). C’en est ici un exemple flagrant. Notre acception des notions de "motivation" proches de ce terme est particulièrement étique et n’en traduit pas l’indispensable finesse.

 

Le "coach" serait encore un autre mot qui nous fait défaut et que nous sommes obligés d’emprunter aux Anglo-saxons pour le nommer efficacement. Idem, de façon révélatrice, avec "Incentive".

  

Michel de Guilhermier a dû probablement  mettre le doigt sur ce problème en créant ses "Inspirationnal Stores" : bien que dans son activité une dénomination US ait du sens pour l’internationalisation, je pense que l’indigence de la langue française pour relayer ce concept n’a pas dû lui échapper.

 

En ce qui me concerne je ne vais pas m’étendre sur le sujet pour le moment (bien que les rapports linguistique/idées m’aient toujours passionné en philo); je voulais juste souligner qu’une part essentielle de mon métier, dans la vidéo et le rich media, repose forcément sur ces notions tout droit venues d’Outre Atlantique. Or, impossible de renoncer à leur champ sémantique pour nommer les campagnes vidéos autrement que par ces termes : Inspirationnal, Incentive, etc. au besoin.

 

  

Quel intérêt de souligner tout cela ici ?

Je m’explique : tout simplement parce que l’indigence terminologique traduit la trop faible popularité de cette thématique dans nos pauvres vieux pays latins, plutôt versés dans le pessimisme simili cartésien que dans le volontarisme optimiste d’une société américaine remplie de bonnes intentions – avec les pièges et les bonheurs que cela comporte. Et l’artiste d’en traduire et magnifier l’apparent simplisme avec certes, une prévisible forme d’inconscient patriotique, à la fois enfantin et vivifiant, jusque dans ces "films de coach" qui en reflètent le socle culturel.

 

De façon particulièrement saisissante, je réalise les liens étroits qui existent entre cette insuffisance linguistique, et ma difficulté à vendre ces produits vidéos en France, alors qu’à Londres et à Boston, où j’ai travaillé 4 ans, l’Incentive et l’Inspirationnal, bien pensés et bien emballés, s’achetaient et se valorisaient à leur juste valeur. Et je vous garantie que ceci n’est pas le fruit d’une relecture de mes souvenirs idéalisés à travers le prisme déformant d’une quelconque nostalgie assimilable à de la mauvaise foi, puisque je continue à travailler avec plusieurs annonceurs anglais. Ce n’est qu’à Londres que j’ai pu participer à la création (pour le compte de Royal Bank of Scotland) d’un film "Inspirationnel" (et quand j’écris ce mot en tentant de le franciser mon dico automatique est en panique !) pour un budget de 70K Euros, film qui a tourné dans les campus universitaires pendant 3 ans de 1999 à 2001 et a rencontré un franc succès.

 

Alors qu’en France, même en montrant ce film en clientèle "grands comptes", je n’ai observé que des mines défaites à l’exposé du budget requis pour atteindre ce niveau de qualité, et ce malgré l’exposé concomitant des résultats pourtant excellents.

 

Ici, nous sommes prisonniers des réflexes d’une idiosyncrasie culturelle contre-productive qui nous empêche de créer ces outils simples (et enthousiasmants), et la situation est aggravée par le snobisme intellectuel qui conduit les caciques du management à entourer d’un mélange de suspicion et de mépris cette manière de faire des films.

Update du 17 Février 2009 :
Une excellente vidéo trouvée par Patricia Gallot-Lavallée – Kenazart [Strategy Interactive] sur le thème de l’inspirationnel :