Enfin de l’exemplarité pour la non discrimination à l’embauche : Nos Quartiers ont des Talents

Un ami me disait récemment : « les gens qui ont réussi dans la vie m’intéressent moins parce qu’ils sont bien plus préoccupés à s’arroger de nouveaux droits qu’à se rappeler de leurs devoirs ».

Or j’observe cette initiative, jetez un oeil pour me comprendre.
Je ne sais pas si vous réalisez la teneur quasi miraculeuse de ce que font les entrepreneurs du niveau de M. Claude Bébéar lorsqu’ils s’investissent ainsi en faveur des jeunes, mais il font tout le contraire !

Alors qu’en effet, depuis déjà très longtemps, il n’a absolument plus rien à prouver, M. Bébéar se positionne en faveur de NQT, pour instiller une capacité d’autocritique et de remise en question chez les entreprises, et pour favoriser un peu plus de justice sociale : il réalise là quelque chose de parfaitement désintéressé. Il oublie tous les droits et toutes les possibilités immenses que lui accorderait probablement sa bonne fortune et se définit une ligne de conduite en fonction de ce qu’il estime être ses devoirs d’homme capable d’une grande influence.

Voilà, j’espère juste que vous serez comme moi, plusieurs à saisir l’importance de la chose et à percevoir l’absence totale de flagornerie dans mes propos : que le fondateur d’Axa, une des entreprises en France qui a créé le plus de richesse, prête son temps et accorde ses conseils et sa sagesse à NQT est en soi un signe encourageant pour cette initiative.

Et bien entendu, une démarche exemplaire à l’aune de tous les débats et dérapages dont les médias se font habituellement l’écho un peu vite, et que nous ne sommes pas peu fiers de relayer à notre façon. j’espère aussi que vous pourrez faire de même en transmettant ce lien à vos directions générales car l’ambition de NQT c’est de grandir et de trouver d’autres parrains volontaires pour offrir quelques heures de leur temps chaque mois pour des jeunes qui le méritent.

« HEC pour tous »

Dans le contexte d’une polémique récente autour des limitations d’élèves boursiers par HEC, je vous recopie ici le message somme toute assez indécent et maladroit qui m’a été envoyé sur Viadeo par une personne en charge du business développement (un peu avant la polémique et les fêtes de fin d’année dernière). Croustillant d’ironie involontaire – à quoi je pourrais ajouter un soupçon de cynisme aveugle.

« En cette fin d’année tendue, nous sommes tous sollicités par de nombreuses organisations et devons faire des arbitrages. Si vous envisagez de faire un don pour une organisation d’intérêt général, nous vous invitons à placer votre école en haut de vos priorités philanthropiques et à soutenir sa Fondation. Jusqu’au 31 décembre, votre don est déductible de vos impôts 2009. Si vous donnez 100 euros, il vous en coûtera 34 €. Chaque geste compte et permet d’accroître l’égalité des chances sur le campus. Merci ! http://www.hec.fr/fondation-don/don_1_form.php »

C’est vrai. Arbitrez.

janvier 21, 2010

Avez-vous déjà tenté de déposer une marque sur inpi.fr ?

C’est difficile ici de ne pas céder à la tentation de faire une petite oeuvre de salubrité publique en laissant une trace de j’estime être une impardonnable incurie.

Je vais donc faire mon chieur.

Aujourd’hui j’ai tenté de déposer une marque, de façon exhaustive, sur le site de inpi.fr. Quand je dis de façon exhaustive, c’est en voulant m’affranchir aussi du laborieux process d’impression papier et en réglant la marque achetée directement avec ma VISA – puisqu’ils le proposent.

Voici donc ce qui m’est arrivé, sous forme du message envoyé à leur support technique à l’instant :

Bonjour,
c’est désespérant !
ça fait une heure d eje tente vainement de déposer la marque ALCHIMAGE en ligne.
- Premier constat : quand j’ai terminé de remplir tout mon formiulaire de dépôt d enouvelle marque c’est qu’à la fin que vote interface annonce que mon navigateur Chrome n’est pas disponible : à la fin. de quoi générer une vraie frustration : pensez si je peux me permettre la suggestion à inspecter le navigateur du poste en amont des saisie, de la sorte cela leur évitera de se lancer pour rien.
- Second constat : ayant refait la démarche une fois de plus sur un navigateur autorisé, je vais jusqu’au bout de la saisie et je clique sur l’option paiement en ligne. Là je choisie le mode de paiement : « CB ».
je m’apprête dans le demi-seconde à saisir mon numéro de CM, l’interface me renvoie « votre session a expiré ». J’ai bien dit : DANS LA DEMI SECONDE.
- Troisième constat : je prend mon mal en patience et je me dis, bon si la session a expiré, recommençons. Je suis sur la page où il m’est possible de choisir l’option supposée recharger mon dossier : je place donc dans « Rappel d’une demande sauvegardée » mon numéro de dossier (plus exactement ce que vous nommez « N° identifiant de la demande « ). Problème, le système se comporte comme si j’avais déjà payé avec ma CB alors que je n’ai jamais sais nmon code de CB, il me retourne à chaque fois que je fais l’essai : « Demande déja déposée ». il est donc très clair qu’il a reconnu mon « N° identifiant de la demande », mais il refuse que je la paye.
Sincèrement, je trouve cela catastrophique.
l’INPI, c’est bien un organisme que je finance indirectement avec mes impôts non ?
Alors sans vouloir faire le chieur, c’est possible de nous livrer un site un tout petit plus digeste et fonctionnel ?
On a vraiment l’impression que vous vous moquez de tout ce que cela implique, comme par exemple, pourquoi pas, tiens, rendre service aux entrepreneurs en comprenant bien que tout ce qui facilite leur démarches est une brique CRUCIALE pour notre économie ?
Merci pour votre résponse.
Frédéric BASCUÑANA
www.bascunana.com

Bonjour,

C’est désespérant !

Cela fait une heure de je tente vainement de déposer la marque [XXXXXXX] en ligne.

- Premier constat : quand j’ai terminé de remplir tout mon formulaire de dépôt de nouvelle marque ce n’est qu’à la fin que vote interface annonce que mon navigateur Chrome n’est pas compatible avec votre système : je dis bien : à la fin (quand j’ai terminé de me palucher la saisie en somme). De quoi générer une vraie frustration : pensez, si je peux me permettre la suggestion, à inspecter le navigateur du poste client en amont des saisies, de la sorte cela leur évitera de se lancer pour rien.

- Second constat : ayant refait la démarche une fois de plus sur un navigateur autorisé (IE), je vais jusqu’au bout de la saisie et je clique sur l’option paiement en ligne. Là je choisie le mode de paiement : « VISA ».

Je m’apprête dans le demi-seconde à saisir mon numéro de CM, l’interface me renvoie « votre session a expiré ». J’ai bien dit : DANS LA DEMI SECONDE.

- Troisième constat : je prend mon mal en patience et je me dis, bon si la session a expiré, c’est peut-être un hic passager : recommençons. Je suis sur la page où il m’est possible de choisir l’option supposée recharger mon dossier : je place donc dans « Rappel d’une demande sauvegardée » mon numéro de dossier (plus exactement ce que vous nommez « N° identifiant de la demande « ). Problème, le système se comporte comme si j’avais déjà payé avec ma VISA alors que je n’ai jamais sais mon numéro de VISA, il me retourne à chaque fois que je fais l’essai : « Demande déjà déposée ». Il est donc très clair qu’il a reconnu mon « N° identifiant de la demande », mais il refuse que je la paye, considérant amicalement que je n’ai rein de plus à faire ici et j’ai certainement tort de vouloir déposer cette marque, qu’elle n’en vaut pas la peine peut-être.

Sincèrement, hormis la supposition d’un système amical qui tente de me dissuader par tous les moyens de déposer ma marque, probablement pour mon bien vu son insistance et sa créativité, je trouve cela catastrophique.

L’INPI, c’est bien un organisme que je finance indirectement avec mes impôts non ?

Alors sans vouloir faire le chieur, c’est possible de nous livrer un site un tout petit plus digeste et fonctionnel ? Vous savez, un site qui ait l’air « content » qu’on veuille lui déposer plus rapidement de l’argent, et content qu’on abatte moins d’arbres, et qu’on perde moins de temps avec tous ces papiers qui je le rappelle doivent être imprimés en 5 exemplaires.

On a vraiment l’impression que vous vous moquez de tout ce que cela implique, comme par exemple, pourquoi pas, tiens, rendre service aux entrepreneurs en comprenant bien que, tout ce qui facilite leur démarches est une brique CRUCIALE pour notre économie ?

Merci pour votre résponse.

Une perle de petit court-métrage 3D

J’ai rencontré il y a quelques mois un type très superficiel dont je tairai évidemment le nom mais qui plastronnait éhontément en exposant ce qu’il pensait être la preuve de son intelligence entrepreneuriale : il disait avoir monté une boite de développeurs 3D tous basés dans les pays de l’est.

  

Ca m’a terriblement agacé et porté sur les nerfs, car il n’avait pas particulièrement besoin de faire du off-shore pour gagner sa vie et je pense que son niveau de service n’était pas terrible.

 

Anyway, voilà un vrai problème de société parmi des centaines d’autres : nos meilleurs créatifs que ce soit dans le dessin animé ou l’animation 3D constituent une autre source de fuite de cerveaux dans la mesure où cette matière grise est trop chargée dans un environnement concurrentiel où la facilité qu’il y a à faire appel à une main d’œuvre bon marché est infiniment plus pratique à mettre en place que l’immigration choisie : dans son essence, ce métier d’animateur 3D se prête à merveille à une délocalisation à coût… zéro !

 

 

  

 

En trouvant cette vidéo sur le site emob.fr (site fort sympathique par ailleurs), j’ai eu envie de la partager, car voilà bien un petit bijou de scénario réalisé par des français, issue d’une école française, dont je ne serais pas surpris qu’après quelques courts-métrages on les retrouve dans un studio US.

 

Donc profitons-en tant qu’on peut dire cocorico localement :

  

Un clip sympa de The Herd trouvé sur BoingBoing

On ne peut pas être fan d’effets spéciaux à base de compositing avancé et ne pas apprécier ce clip, réalisé avec talent sur une musique très sympa du groupe The Herd :

  

Je suis horriblement frustré de n’avoir que trop de travail des jours-ci pour pouvoir écrire tout ce dont je voudrais parler sur ce blog, aussi en attendant d’avoir des choses plus profondes à défendre ici, je vous invite à passer un peu de temps sur le site BoingBoing.net dont j’apprécie l’efficacité et l’ergonomie, claire et agréable.

 

 

  

 

Ce qui me fait aussi penser que je n’ai pas testé selon les règles les plus élémentaires de l’ergonomie mon propre nouveau blog (celui-ci) ni même Techtoctv.com (quoique je me console en pensant aux réactions positives des lecteurs de TechCrunch, mais bon, ça ne suffit pas) : or je sais que je manque forcément de recul donc vos éventuelles remarques chers visiteurs sont les bienvenues. Pour le moment la plus cassante est de mon ami Ouriel, qui dit pour m’aider à réfléchir à mon site qu’il fait un peu trop "oldy" : argh, je suis totalement déstabilisé maintenant (car je crois qu’il a raison) donc il va falloir mettre un peu d’objectivité de mon côté dans tout ça. Ce qui est certain c’est que je vais continuer à me montrer assez ambitieux pour ce site qui est aussi un lieu d’expérimentations amusantes : au début l’important c’est de démarrer, ensuite on peut améliorer l’utilisabilité.

Vos suggestions sont les bienvenues !

  

Un probable cas d’école qui prouve que la e-reputation, ça peut faire mal !

Une petite vidéo qu’Ouriel a bien fait de diffuser. Non pas que je veuille absolument lui faire plaisir en disant cela, mais bon sang, dans le contexte actuel il nous reste bien une arme et il a raison de montrer l’exemple : le buzz sur la toile pour dénoncer certains niveaux de bêtise !

 

Si ces revendeurs n’ont aucune morale on n’y peut rien, mais on peut leur enseigner le sens des affaires et les responsabiliser !

 

Il faudrait donner un nom à cette attitude de consommateur responsable qui dénonce les abus : à la longue on pourrait avant d’acheter consulter la blacklist des arnaques en cours histoire de voir si on prend un risque en allant dans un store ou l’autre – y’a pas que e-bay qui devrait savoir faire ça !

 

Si c’est pas une problématique de e-reputation, ça !

J’espère qu’Ouriel a trouvé un moyen de leur faire savoir que cette vidéo allait buzzer à Tel Aviv.

 

 

La notion de politique de l’autruche prend décidément tout sons sens ici :

Le magasin est vide et ils persistent dans leur erreur.

Je déteste le discours en filigrane qui est : "vendons très cher parce que baisser nos prix ce serait s’avouer vaincus, et qu’il vaut mieux vendre à un couillon qui veut absolument le produit et qui passe par là et qui ne regarde pas à la dépense, que vendre à 3 personnes au prix normal."

Si tant est qu’on puisse appeler ça un discours ! C’est une tentative désespérée !

 

Update : J’ajoute pour les férus de problématiques de e-reputation, que c’est un vrai cas d’école ! Car non seulement la e-reputation risquait jusqu’ici d’être une mauvaise rumeur, qui peut être contredite, démentie, rétro-manipulée etc., mais désormais voilà-t-y-pas qu’on rentre dans une nouvelle dimension : celle de la preuve !
Le simple internaute un peu aguerri, et équipé d’un iphone avec un outil facile et rapide à utiliser tel que QIK allume littéralement une marque et un revendeur en filmant sur place une situation embarrassante. Les internautes, pour paraphraser les théories de Bloom dans Lucifer Principle, deviennent des "agents de conformité" sans pitié aucune. C’est ça qui va vraiment plus loin aujourd’hui sur cette thématique !

Ouriel, tu devrais lancer un mouvement, allez, qu’on pourrait temporairement appeler les "shopping proof" : tous les internautes peuvent alerter maintenant leur entourage, preuve à l’appui, quand ils constatent une koleos dans le potage.

C’est pourtant véridique

Aussi FOU que cela puisse paraître, j’ai vérifié, c’est véridique, Renault doit s’en mordre les Koleos.

 

Renault Koleos

C’est par-dessus le marché un jeu de mot immanent à la nature de l’erreur commise.

"Les gars, on a une c…". Ah ouais, haha, justement.

De l’Art délicat d’insuffler loyauté et motivation : « inspirational » in English, please.

Ce film n’est pas le meilleur film  d’Olivier Stone, et encore moins un chef d’œuvre, par contre il comporte l’une des meilleures scènes de la carrière d’Al Pacino à mon goût :

   

 

J’ai retrouvé cet extrait que j’adore en utilisant "Inspirationnal" comme mot-clé dans Google.

 

Je cherchais justement (et désespérément) un champ lexical pour me rapprocher de cette notion d’ "Inspirationnal", de l’idée apportées par ce quasi anglo-barbaro-néologisme – pour tenter une traduction, ou du moins une adaptation en français : ni le Grand Robert, ni aucun autre grand dictionnaire ON LINE ne propose de traduction appropriée pour ce terme.

 

J’ai toujours pensé que l’absence d’un mot approprié pour exprimer une idée d’une langue vers l’autre, traduisait une lacune culturelle profonde (et pas juste un vocabulaire insuffisant pour une idée donnée). C’en est ici un exemple flagrant. Notre acception des notions de "motivation" proches de ce terme est particulièrement étique et n’en traduit pas l’indispensable finesse.

 

Le "coach" serait encore un autre mot qui nous fait défaut et que nous sommes obligés d’emprunter aux Anglo-saxons pour le nommer efficacement. Idem, de façon révélatrice, avec "Incentive".

  

Michel de Guilhermier a dû probablement  mettre le doigt sur ce problème en créant ses "Inspirationnal Stores" : bien que dans son activité une dénomination US ait du sens pour l’internationalisation, je pense que l’indigence de la langue française pour relayer ce concept n’a pas dû lui échapper.

 

En ce qui me concerne je ne vais pas m’étendre sur le sujet pour le moment (bien que les rapports linguistique/idées m’aient toujours passionné en philo); je voulais juste souligner qu’une part essentielle de mon métier, dans la vidéo et le rich media, repose forcément sur ces notions tout droit venues d’Outre Atlantique. Or, impossible de renoncer à leur champ sémantique pour nommer les campagnes vidéos autrement que par ces termes : Inspirationnal, Incentive, etc. au besoin.

 

  

Quel intérêt de souligner tout cela ici ?

Je m’explique : tout simplement parce que l’indigence terminologique traduit la trop faible popularité de cette thématique dans nos pauvres vieux pays latins, plutôt versés dans le pessimisme simili cartésien que dans le volontarisme optimiste d’une société américaine remplie de bonnes intentions – avec les pièges et les bonheurs que cela comporte. Et l’artiste d’en traduire et magnifier l’apparent simplisme avec certes, une prévisible forme d’inconscient patriotique, à la fois enfantin et vivifiant, jusque dans ces "films de coach" qui en reflètent le socle culturel.

 

De façon particulièrement saisissante, je réalise les liens étroits qui existent entre cette insuffisance linguistique, et ma difficulté à vendre ces produits vidéos en France, alors qu’à Londres et à Boston, où j’ai travaillé 4 ans, l’Incentive et l’Inspirationnal, bien pensés et bien emballés, s’achetaient et se valorisaient à leur juste valeur. Et je vous garantie que ceci n’est pas le fruit d’une relecture de mes souvenirs idéalisés à travers le prisme déformant d’une quelconque nostalgie assimilable à de la mauvaise foi, puisque je continue à travailler avec plusieurs annonceurs anglais. Ce n’est qu’à Londres que j’ai pu participer à la création (pour le compte de Royal Bank of Scotland) d’un film "Inspirationnel" (et quand j’écris ce mot en tentant de le franciser mon dico automatique est en panique !) pour un budget de 70K Euros, film qui a tourné dans les campus universitaires pendant 3 ans de 1999 à 2001 et a rencontré un franc succès.

 

Alors qu’en France, même en montrant ce film en clientèle "grands comptes", je n’ai observé que des mines défaites à l’exposé du budget requis pour atteindre ce niveau de qualité, et ce malgré l’exposé concomitant des résultats pourtant excellents.

 

Ici, nous sommes prisonniers des réflexes d’une idiosyncrasie culturelle contre-productive qui nous empêche de créer ces outils simples (et enthousiasmants), et la situation est aggravée par le snobisme intellectuel qui conduit les caciques du management à entourer d’un mélange de suspicion et de mépris cette manière de faire des films.

Update du 17 Février 2009 :
Une excellente vidéo trouvée par Patricia Gallot-Lavallée – Kenazart [Strategy Interactive] sur le thème de l’inspirationnel :

filme la peur et gagne un scooter

 

Au risque de passer pour un vieux con avant l’âge je dirais que titrer une campagne wildside REC the movie buzz marketing stupide"filme la peur et gagne un scooter" va plutôt créer de sinistres tentations que des vocations d’artistes bons enfants.

Ainsi la campagne pour la sortie du DVD de REC donne-t-elle le ton pour s’assurer de faire parler d’elle. On perçoit, en filigrane, l’espoir inavouable qu’un fait divers indirectement provoqué par ce concours pernicieux n’amplifie la rumeur pendant qu’un petit créatif ricane et observe son égo d’irresponsable friser la turgescence.

On a tous entendu parler ou lu ou vu à propos d’un autre jeu, celui-là plus ancré dans la réalité et déjà tristement célèbre, concours macabre limité au prestige des voyous et de la gloriole la plus désespérée qu’on puisse imaginer, inventé par des adolescents écervelés qui filment avec des téléphones portables le passage à tabac de vraies personnes dans la rue.

Qu’est-ce qu’on va faire ?

… leur donner un prix ?

wild side REC le film campagne affiche

Parce que je n’ai aucune doute qu’un scooter ou une PSP les motive pour filmer la peur (bravo, on est dans la cible, les gars), d’autant qu’eux parviennent du premier coup à obtenir de non-acteurs une peur tout à fait convaincante.

Les marketeurs de Wild Side sont de vrais gros cons comme on en fait encore quelques-uns ces temps-ci, qui doivent jubiler à l’idée du caractère polémique d’une telle campagne.

Avec le buzz marketing et autres campagnes virales une nouvelle race de cyniques est encouragée à sévir, et ces mecs me donnent envie de vomir.

 

[trouvé sur le site allocine - une bannière pub orchestrée par les distributeurs WildSide]

Buzznawak

Pour être dans la tendance terminologique branchée, on parle de "buzz" en faisant principalement référence aux blogs qui en sont le relai (et dont certains ont même fait leur spécialité exclusive).
 
Mais ce n’est jamais qu’une façon remise au goût du jour de colporter la rumeur, favorable ou déshonorante, dans une caisse de résonance infiniment plus puissante que toutes celles qui ont existé de mémoire d’humanité, et, plus gravement encore, dont les répercussions traçables peuvent désormais nuire pendant des années qui sembleront interminables à leurs victimes.
 
De là, toutes sortes d’expressions dont on a tellement abusé qu’on les a rendues, à force, irritantes si ce n’est navrantes, telles que "influenceurs" ou "blogosphère": parce qu’elles sont souvent devenues l’alibi salvateur dans des propositions marketing étiques en mal de créativité.
 
Bref, en ce qui me concerne je ne serai donc l’objet d’aucune forme de campagne dissimulée (ou pas) : je vais partager ce que j’ai trouvé, et tenter de différencier le bon grain de l’ivraie, sous la forme du buzz digest le plus indigent et le plus inconstant qui soit, de manière à m’auto-gratifier sporadiquement d’un micro exutoire et écrire ainsi :

     – du mal de ce que je trouve irrémédiablement con,
     – du bien de ce qui me semble digne qu’on s’y arrête.
 
Je ne revendique que la modestie avec laquelle je le ferai: je ne traque pas les scoops, j’aime ceux qui suscitent une pensée, c’est tout.
 
Je ne buzze pas, je "buzznawak", nuance. Haha.
 
Bon j’arrête de faire le malin, ci-dessous se trouvent mes dernières trouvailles :

janvier 1, 1970