Enfin un film qui renoue avec la tradition des bons vieux polards français comme on les aime.
Il y a une écriture, un style électrique, une force dans la mise en scène.
Richet est complètement habité par son sujet, et on ne pourrait pas en dire autant de Cassel tant le terme serait insuffisant pour décrire l’osmose jubilatoire et paradoxalement sobre et maîtrisée dans laquelle il se trouve lié à son personnage.
On décrit parfois un chef d’œuvre en se disant qu’il faut passer sous un pieux silence les quelques petits moments d’ennui que l’on aurait pu éprouver (et qu’il faut savoir sublimer en parenthèses contemplatives nécessaires à la construction de l’ensemble…) : là, nul besoin de mettre un seul instant son attention ou ses émotions en sommeil, ce film a parfaitement dompté tous les pièges possibles de l’ennui. Pas une seconde ne manque d’intensité, pas une scène qui ne nous saisisse par les lobes frontaux pour nous empêcher de penser à quoique ce soit d’autre. Sous des apparences de réalisation épurée, le film regorge de sophistications discrètes avec lesquelles il a l’intelligence de ne jamais envahir le spectateur (comme trop de réalisateurs ont tendance à le faire, souvent, pour nous pondre l’inévitable show reel de leur maîtrise du cadre) : Richet s’efface derrière son sujet et le sublime d’autant plus facilement, parce qu’il l’approche avec une délicatesse qui rend sa brutalité à la fois plus crue et plus humainement intelligible. Derrière sa force bestiale, ce film (qui sera très vite un classique) laisse ronronner en arrière-plan une écriture toute faite d’équilibres et de choix subtils.
Merci les gars, vous m’avez donné envie d’écrire ma première critique de film sur ce blog immaculé, en espérant que ce soit la première d’une longue série. Parce que je sens que les bons polards français sont de retour.












