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Enfin de l’exemplarité pour la non discrimination à l’embauche : Nos Quartiers ont des Talents

Un ami me disait récemment : « les gens qui ont réussi dans la vie m’intéressent moins parce qu’ils sont bien plus préoccupés à s’arroger de nouveaux droits qu’à se rappeler de leurs devoirs ».

Or j’observe cette initiative, jetez un oeil pour me comprendre.
Je ne sais pas si vous réalisez la teneur quasi miraculeuse de ce que font les entrepreneurs du niveau de M. Claude Bébéar lorsqu’ils s’investissent ainsi en faveur des jeunes, mais il font tout le contraire !

Alors qu’en effet, depuis déjà très longtemps, il n’a absolument plus rien à prouver, M. Bébéar se positionne en faveur de NQT, pour instiller une capacité d’autocritique et de remise en question chez les entreprises, et pour favoriser un peu plus de justice sociale : il réalise là quelque chose de parfaitement désintéressé. Il oublie tous les droits et toutes les possibilités immenses que lui accorderait probablement sa bonne fortune et se définit une ligne de conduite en fonction de ce qu’il estime être ses devoirs d’homme capable d’une grande influence.

Voilà, j’espère juste que vous serez comme moi, plusieurs à saisir l’importance de la chose et à percevoir l’absence totale de flagornerie dans mes propos : que le fondateur d’Axa, une des entreprises en France qui a créé le plus de richesse, prête son temps et accorde ses conseils et sa sagesse à NQT est en soi un signe encourageant pour cette initiative.

Et bien entendu, une démarche exemplaire à l’aune de tous les débats et dérapages dont les médias se font habituellement l’écho un peu vite, et que nous ne sommes pas peu fiers de relayer à notre façon. j’espère aussi que vous pourrez faire de même en transmettant ce lien à vos directions générales car l’ambition de NQT c’est de grandir et de trouver d’autres parrains volontaires pour offrir quelques heures de leur temps chaque mois pour des jeunes qui le méritent.

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Des nouvelles depuis techtoc.tv où je m'exprime souvent

  • Déconstruire l'Entreprise 2.0. (14 commentaires)

    Article de blog publié par Frédéric BASCUNANA
    En hommage à mon camarade Fred Poulet et à son salutaire premier pavé dans la marre, dont je pousse le bouchon désormais volontairement trop loin. Le concept d'entreprise 2.0 est à obsolescence incorporée, c'était un bon contrepoids, il fut même salutaire, pour contrebalancer la sclérose programmée par les ERP psychorigides. Une fois l'évangélisation réussie, il se passe la même chose que dans toute explosion d'énergie : une inévitable dilution de la dynamique de départ. C'était une énergie centrifuge : vous avez, cette force d'inertie qui sous l'effet d'une rotation a tendance à pousser les corps vers l'extérieur. Oui, il fallait un peu remuer le tambour de la machine, réveiller les bonnes volontés, ou plutôt les redécouvrir. Mais l'entreprise doit se recentrer sur son business, et c'est à bon escient que je devrais dire son "core business", qui comme la notion l'indique, nécessite une force centripète. La force du management sera de ne pas céder aux sirènes alarmistes des vierges 2.0 effarouchées qui se croyaient portées par un vent d'idéalisme romantico-business compatible. On est là pour faire du business, sauver nos entreprises, pas pour discuter des heures en ligne des bénéfices de Yammer ou de ce que Bluekiwi apporte à l'innovation quand il faudrait déjà que beaucoup de monde se donnent un bon coup de pied au popotin et apprennent à franchir le pas de la porte du collègue d'à côté quand il en a vraiment besoin. Le culte de l'indépendance et de la diversité etc. (La Sagesse des Foules, James Surowiecky) tout ceci relève un peu de la bisounourserie la plus invétérée malgré tout, même posée par le rois des penseurs de la gouvernance 2.0. Confrontée à l'adversité et la mutation environnante, l'entreprise a plutôt besoin de fanatiques: il va à nouveau falloir des employés soudés, bornés, capables de s'acharner sur un objectif de survie immédiat. Focused. L'agilité est un miroir aux alouettes : les plus agiles sont souvent une bande de petits malins qui en sortant des grandes écoles tentent de se construire autour d'eux un diagramme de Peter, networkent avec brio (c'est là tout l'enseignement franco-français des grandes écoles), et finalement détournent ce que le concept d'entreprise communicante avait de sain pour le mettre à leur profit : diluer l'info, se montrer partout tout en ne faisant pas grand chose (ça, c'est ce qui m'exaspère le plus), sous couvert d'évangélisation, saupoudrer un peu de "bon esprit" de ci de là (donneur de leçon 2.0), élaborer un tissu complexe d'influences dans l'entreprise même, et valoriser cette importance improductive. Et je ne parle pas des ayatollah du 2.0 qui déploient une fantastique énergie à faire beaucoup de bruit pour rien. En France, où le syndrome des grands diplômés est particulièrement endémique et nous prodigue une palanquée d'édiles infatuées, la conséquence culturellement inévitable (quel pléonasme) est l'enlisement du quotidien dans le politique. Je ne vous ferais pas l'insulte de vous demander, chers professionnels, si votre vécu en entreprise a été suffisamment dense pour vous confronter, quand un projet échoue à la fameuse réponse de circonstance : "cherche pas à comprendre c'est politique". Dites-moi en quoi l'entreprise 2.0 a changé quoi que ce soit. Nos intellectuels du management, épris de fulgurances "collaboratives", s'isolent à vrai dire dans ce chiche discours, et laissent plus subrepticement que jamais le bas peuple faire le sale boulot, les framework collaboratifs sont mis en au service de l’esbroufe 2.0, des effets de manche et autres terminologies décoiffantes comme la sérendipité (j'ai testé le mot plein de fois en rendez-vous : c'est fou ce qu'il en impose quand je le sors d'un air détaché devant quelques paires d'yeux ébahis par ma culture 2.0 - je sais je suis pervers et contradictoire). L'entreprise 2.0 est ainsi trop souvent devenue le lieu de la mondanité 2.0 et personne n'est là pour reparler sérieusement de la compétitivité de nos entreprises françaises et de notre incapacité chronique à résoudre nos problèmes de balance du commerce extérieur. Je provoque bien sûr, parce que là où ce que je préfère appeler l'entreprise numérique a réussi, il y a conciliation des process avec le collaboratif. Les process d'ailleurs, n'ont pas attendu le concept 2.0 pour être conçus dans une optique collaborative. C'est leur raison d'être : les opposer artificiellement au mythe du merveilleux 2.0 c'est vraiment prendre les gens pour des lucioles. En gros l'entreprise qui a bien négocié le virage des temps modernes et intégré les outils les plus pertinents, c'est celle qui les as construits autour de ses process existants pour les perfectionner à dose homéopathique. Les autres, les plus idéalistes, ont intégré cette fabuleuse énergie. Mais comme je le disais plus haut, elle est source d'entropie : faire reposer certaines manières de faire sur de l'énergie positive, optimiste, gonflée aux hormones des digitalk natives est une erreur fondamentale. J'ai coutume de dire à mes collaborateurs : "les gars, les process c'est ce qui reste de solide quand on fatigué et démotivé, et c'est ce qui doit nous survivre." Alors voilà, je paraphrase Fred Poulet et l'auteur qu'il cite : - Indépendance des participants : on s'en fout, on veut des gens "interdépendants", soudés comme une bande vikings acharnés au combat, prêts à déchiqueter les bisounours et sans démagogie interne : merde, des types et des femmes qui soient capables de s'arracher sans attendre que la management leur mette à disposition des outils propices aux élucubrations littéraires de quelques digital native en rut ; - Diversité : encore faudrait-il s'appeler Virgin et vendre de tout. Une entreprise a un profil, ses produits impliquent une culture, ceux qui n'adhère pas dégagent, là aussi arrêtons de dire des conneries s'il vous plait ; - Objectif très précis : le plus grave problème à mon sens c'est que les réseaux sociaux deviennent une fin en soi, et pointless dans de trop nombreux cas de figure sous prétexte qu'on fait de la comm RH. Quand j'entends sur certains intranets ces gentilles exhortations au communautarisme 2.0, quand je visualise ces visages souriants tout droit sortis de Fotolia sous-titrant "construisez ou rejoignez votre communauté" j'ai l'impression d'entendre la pub qui disait naguère "va chercher bonheur", l'auto-dérision en moins. Encore une fois, le seul objectif servi c'est celui d'un petit groupe déconnecté du monde réel, auto-infusé dans ses prises de position sincères, qui veut oublier que dans ses murs des gens se suicident en s'écriant : "regardez, il y a une communauté de flûtistes sur mon réseau intranet, c'est beau, on a gommé les processus métier et créé du lien social". Le même séducteur est une arapède carriériste et tout le monde est bluffé : ça ne dure néanmoins qu'un temps. Heureusement. Vous comprendrez maintenant pourquoi je parle de plus en plus de Cloud ici. Il y est au moins question de gouvernance des S.I., les KPI sont explicites, le discours ROiste. Je l'avoue : ça fait du bien. Revenons si vous le voulez bien sur l'entreprise 2.0 pour la déconstruire et poser des bases plus solides : soyons ambitieux. Détruisons ce concept et posons l'entreprise numérique sur de meilleures bases, arrêtons le suivisme. L'entreprise 2.0 avait libéré quelques énergies, c'était un fantastique jalon anti-sclérose. Le concept suivant doit toujours nous éviter la calcification dans celui qui le précède, c'est la vie et tout le monde le sait, question de cycle. Mais ce que l'entreprise 2.0 a de très dangereux, c'est qu'elle nous fait croire qu'elle est la vie, qu'elle la fraîcheur, qu'elle intègre des réalités organiques : elle est sournoisement confortable. Je propose un atelier d'une journée entière pour y arriver et enfin parler sérieusement en mettant autour d'une table des DSI, des DRH et des... community managers. Your call.

  • Et si on parlait franchement des usages du Cloud entre pros ? (1 commentaires)

    Article de blog publié par Frédéric BASCUNANA
    Full disclaimer. L'objet de ce billet est le suivant : je suis en quête d'entrepreneurs et professionnels (TPE) pour les questionner en interview vidéo et/ou plateau TV sur un thème que je pourrais résumer ainsi : « Quel usage faites-vous du web pour promouvoir et gérer votre business ? ». Je suis mandaté par Orange pour le faire, qui souhaite promouvoir les usages du cloud chez les pros, et a lancé récemment lecloudpro.fr avec son propre bouquet de services, mais j'explique ci-dessous pourquoi je crois en cette approche.   Bonjour à vous,  Ceci est un message personnel de Frédéric Bascuñana, fondateur et rédac chef de ce site, qui s'adresse à l'attention des pros qui prennent régulièrement le temps de nous écouter sur cette web-tv dès que nous avons quelque chose d'utile à partager avec eux. Pros qui souvent s'investissent en proposant leurs propres sujets de plateaux, je les en remercie chaleureusement, pour faire avancer et progresser la logique collaborative, le système ouvert dont nous assurons la promotion soutenue. Avec, en filigrane, l'espoir un peu geek et idéaliste d'un monde meilleur ! Si vous avez un compte sur ce site c'est que vous partagez peut-être avec nous ce souhait : améliorer la façon dont nous collaborons, partageons nos expertises et nos connaissances, en utilisant le potentiel du web social notamment. Si vous avez un compte sur ce site c'est que vous partagez peut-être aussi nos valeurs, et connaissez notre goût pour la transparence et la sincérité, surtout quand elles s'imposent comme une méthode gagnante dans la cocréation et l'innovation ouverte.   Alors peut-être comprendrez-vous que je me sois personnellement mobilisé, et toute l'équipe techtoc.tv, pour promouvoir une opération exemplaire portée par Luc Bretones et Béatrice Marcelin, qui acceptent avec un volontarisme hors du commun selon nous de jouer la carte du collaboratif, avec le courage et la conviction qui conviennent. Ils ont récemment lancé lecloupro.fr - sous la marque Orange. Et ils ont décidé de créer la première offre du marché fondée sur un modèle complètement discursif : par l'analyse de vos attentes, en animant une communauté d'usagers et d'entrepreneurs dont ils s'engagent à intégrer les idées, la créativité et les besoins concrets. Mon enthousiasme n'est pas une feinte, je suis fidèle à mes principes et ceux parmi vous qui me connaissent le mieux me savent tous capables de la transparence que je prône, aussi bien du côté des coups de gueule que des élans d'enthousiasme. On ne m'a donc ni inspiré ni dicté ce billet. Je milite tellement, et ce depuis des années, pour voir des professionnels faire, dans de grandes entreprises, ce que Luc et Béatrice ont décidé de lancer, que je ne puis que vous inviter à rester avec moi encore quelques secondes car je puis vous garantir que ce n'est pas qu'une posture et qu'ils vont vraiment développer quelque chose de nouveau, avec un très fort ADN collaboratif, voilà pourquoi ils faut les encourager. Que je vous explique où je veux en venir. Parce que si on ne les soutient pas : comment rester crédibles quand nous autres consommateurs éternellement insatisfaits nous réclamons toujours plus d'écoute ? Quand nous exigeons de voir des offres réellement construites autour d'un système transparent et ouvert ? Eh bien voilà, l'opportunité se présente de montrer la voie pardi ! Ne souhaitez-vous pas que vos partenaires vous offrent une tribune libre, audible, visible, connectée, pour recueillir vos idées, vos retours d’expériences ? Ne pensez-vous pas que le service le plus performant c’est celui qui se construit autour de vos usages ? Vos usages ! Voilà : c'est ce qui va s'amorcer dans nos studios : j'ai besoin de vous pour venir en parler ! Concrètement, je vous invite pour ce qu'il convient d'appeler un vidéo training, fun et gratuit, ce vendredi 16 décembre : c'est toute la journée, et c'est réservé aux patrons de sociétés de 0 à 50 employés qui postulent sur ce lien : http://techtoc.tv/lounge-cloudpro1 (en appuyant sur le gros bouton "je m'inscris") Transmettez-le à vos amis entrepreneurs si vous n'êtes pas dans la cible, hein. Nous réaliserons ensemble : des talkshows en mode débat comme vous les connaissez déjà sur techtoc.tv,  et des interviews pour ne parler que de votre business.  Et nous vous les livrerons de sorte que vous puissiez les intégrer dans votre site web. Au passage, de la promo gratuite ! De la vidéo HD en studio ! Du franc-parler entre pros ! C'est bien non ?

  • Concours court métrage : soyez publié sur Orange.com !

    Article de blog publié par Jean Fréor
    Le blog live Orange live.orange.com lance un concours autour du festival du court-métrage intitulé « le jour le plus court ». Vous avez jusqu’au 15 décembre minuitpour envoyer vos œuvres à savoir : soit 1 vidéo de 1 minute 30 ; soit 1 roman photos entre 6 et 9 clichés. Les 3 meilleures œuvres sélectionnées par la rédaction gagneront le droit d’être publiées sur Orange.com, live.orange.com et relayée dans tous les comptes médias sociaux d’Orange   (Facebook, Twitter, Google+) Retrouvez toutes les infos sur le blog par ici

  • Vers une industrie 2.0 et une libération des objets. (1 commentaires)

    Article de blog publié par Corinne Dangas
    Le logiciel libre, a conquis le monde IT professionnel par la force de milliers de passionnés et d’amateurs. Dans la prochaine décennie, grâce au numérique, c’est l’objet qui va devenir libre. Doté de facultés d’interactions avec le virtuel (échanges web objet environnement physique), il va devenir vivant, social. La nécessité croissante de gestion des ressources planétaires le rendra toujours plus apte à changer de « corps », à évoluer, progresser, mourir, ressusciter en tout ou partie : bref, à « s’instancier ». La démocratisation des outils et principes de conception et de fabrication adossés au numérique, fait entrer les modes traditionnels – industriels – de production, dans un bouleversement qui va les fragmenter : Déplacer toujours plus sur l’utilisateur final tout ou partie du pouvoir de conception (ce qui accentuera la polymorphie : semblables, mais différents). Et autonomiser les individus, ou des structures plus réduites (micro-factories), dans la fabrication. Ces mouvements suivis par le monde des objets (du plus banal des outils à nos technologies les plus élaborées), de diversification, de spécialisation et d’individualisation (d’usage, de forme, de sens), de complexification temporelle et structurelle et de développement « d’intelligence », dessinent des propriétés d’organisation comparables à celles de l’évolution des espèces… Le « management 2.0 » qualifiait la façon dont le Web restructure les entreprises tertiaires et les institutions : l’industrie 2.0 elle aussi s’est mise en marche. Et vous, comment voyez-vous ces évolutions à venir ? Billet initialement publié sur 2ro.fr

  • Les RH sont-elles en passe de changer les entreprises en s'appuyant sur les réseaux sociaux ? (5 commentaires)

    Article de blog publié par Frédéric BASCUNANA
    Une première journée de rencontres en compagnie des professionnels de l'écosystème RH, dans le but assumé de structurer un discours et un appel communs. Ne nous voilons pas la face : en dépit de discours lénifiants et politiquement corrects qui soulignent si ardemment le contraire, il est incontestable que les RH ont encore beaucoup de mal à peser dans les décisions de l'entreprise - tout au plus doivent-elles les appliquer en prise direct avec l'exécutif et sa vision stratégique long terme. La littérature mondiale abonde en propos insinuant la frustration et le malaise dans ces fonctions qui voudraient être, et mériteraient d'être plus entendues. Non pas qu'il faille se complaire dans la vision navrante d'un tableau tout en noir : les nuances de gris d'une société à l'autre sont d'une rare complexité et il faut se garder de tomber dans l'écueil d'une généralisation racoleuse. Mais si les RH avaient un rôle décisionnel incontestablement puissant, et solidement ancré, cela se saurait. Il n'existerait pas autant de conférences, de séminaires, de keynotes plus ou moins bien documentés ces derniers temps pour nous faire régulièrement entendre la complainte de DRH en quête d'une légitimité, jusqu'ici proche de l'illusoire, en passe de devenir tangible grâce à l'émergence des outils qu'on l'on regroupe par abus langagier sous le vocable de "2.0". Comme si le 2.0 cristallisait tous les espoirs de reconnaissance d'une profession qui identifie là un argument massue pour être enfin entendue. Parce que malgré les freins en présence, les résistances exprimées en interne avec plus ou moins de bonne foi, il se produit en ce moment ce qu'il est de bon ton dans les salons B2B mondains d'appeler un changement de paradigme... Oui, le 2.0 joue là un rôle moteur. Les usages, pas les outils. Attention, ceci est un autre débat mais il a un impact sur la légitimité du postulat. Car il ne s'agit pas d'un coup de baguette magique provoqué par quelques plateformes géniales : ce sont ces plateformes d'un nouvel âge qui se sont mises au service d'un besoin qui s'est parfois exprimé dans la douleur, pas l'inverse : elles n'ont rien provoqué, ce ne sont que des porte-voix - et c'est pourtant déjà beaucoup puisqu'elles ont ensuite largement amplifié le phénomène. Les usages ainsi pointés sont déjà considérés comme une donnée élémentaire pour définir l'activité et les attentes des jeunes générations chez qui tout indique qu'ils soient plus naturels, et de ce fait moteurs dans le changement ; mais qui contrairement à une idée reçue qui a la peau dure, ces usages explosent peut-être plus encore fortement chez les cadres seniors qui trouvent là une zone de liberté et surtout de reconnaissance dont ils désespéraient jusqu'ici - ce qui expliquent qu'ils s'en soient emparés avec peut-être plus encore d'espoir (ou d'énergie du désespoir) et de volontarisme que les jeunes de la fameuse génération Y qui tient ces outils pour acquis. Il s'agit donc, à l'occasion de quelques plateaux TV (en mode talkshow, sur un ton amical et entre pairs, mais qui ne craindront pas la polémique et refuseront toute langue de bois), et d'une rencontre informelle dans le contexte d'une journée que nous avons baptisée "lounge TV", parce qu'un espace lounge annexe permettra aux visiteurs d'échanger sur des thèmes plus sensibles dans le contexte informel d'un open space, il s'agit donc disais-je de confronter nos visions. Ces visions feront-elles de nous de simples passionnés pêchant peut-être par idéalisme, ou au contraire vont-elles nous positionner parmi les réalistes, ceux qui ont compris avant les autres ? Le goût des ressources humaines nous prédispose-t-il à une vision du monde si sincèrement humaniste qu'elle en perd toute prise avec le cynisme ambiant et nous campe en doux rêveurs ? Ou au contraire les RH sont-ils acculés à être autant sinon plus fatalistes que ne le sont leurs élistes dirigeantes, forcément tournées, l'inquiétude en plus, vers des problématiques de survie dans un environnement mondialisé qui les contraint à faire fi de considérations humanistes aujourd'hui plus sensibles que jamais sur des thèmes aussi variés que : la gestion des risques pshysociologiques, la responsabilité sociale, l'égalité des chances, la diversité, l'exigence de transparence la poids de la marque employeur ...et j'en passe tant d'autres encore ? Il sera question donc, ce jour-là, de poser les jalons en termes de questionnements utiles sur l'avenir des RH qui disposent aujourd'hui d'une arme puissante : le 2.0 - qui n'est pas juste un package bien outillé en gadjets interactifs, mais une déferlante et, à ce titre, une fatalité qu'il faut prendre en compte pour ne pas perdre la confiance des collaborateurs dont les attentes ne sont pas forcément plus fortes qu'elles ne l'ont été naguère : elles sont juste incomparablement plus audibles et impossible à ignorer. Rien de grand ne s'est jamais négocié en ce bas monde sans chantage : le 2.0 est plus puissant qu'un chantage, c'est aussi un prétexte que les plus éclairés d'entre les managers sauront actionner au sein des gourvernances pour faire entendre raison aux plus rétifs. "Si vous ne prêtez pas attention à cette exigence de transparence, votre capital confiance va s'écrouler". "Vous y perdrez beaucoup si vous ne commencez pas à embrasser de suite les conversations qui sont portées par vos collaborateurs, tant en interne qu'en externe le plus souvent sous couvert d'anonymat". Voilà ce qu'on pourraient aisément les entendre s'écrier. De tels propos sont impossibles à ignorer. Parce qu'ils ont un impact inconstable sur la réputation de ces entreprises sur le public, parce qu'ils ont un impact sur la création de valeur. Les dirigeants commencent alors à le saisir sous l'impulsion de crises grandissantes, et parce qu'ils sentent balancer au-dessus de leurs têtes une épée de Damoclès dont il ne parviennent pas encore pleinement à saisir les implications et la réalité : plus ou moins  confusément, plus ou moins habilement, ils ont donc décidé d'écouter ces visions RH d'un âge nouveau. A nous maintenant de contribuer. Saurons-nous porter là un message salutaire ? A n'en point douter : si tant est qu'il existe un lieu où puissent être corrigés, même tout doucement, et même imperceptiblement, les excès du capitalisme et ses dommages collatéraux humains, c'est bien sous l'égide d'un soft power 2.0. Si tant est que nous devions modestement contribuer à changer le monde des entreprises, et peut-être le monde tout court, ce sera dans l'effervescence intellectuelle et sociale que les médias sociaux rendent plus perceptibles que jamais et dont ils étendent et amplifient l'influence. La question est de savoir si nous saurons être collectivement à la hauteur : structurer nos propres conversations et notre écosystème professionnel, pour donner plus de poids à nos arguments. ça vous dit d'en être ?

  • Si je créais l'EEMI, j'en ferais une "non-école" (11 commentaires)

    Article de blog publié par Corinne Dangas
    Le lancement d’une Ecole Européenne des Métiers de l’Internet par Jacques-Antoine Granjon (vente-privée), Xavier Niel (Free) et Marc Simoncini (Meetic) a fait le buzz ces dernières semaines. Ce n’est pas tous les jours que des stars de la Net Economie se mêlent d’enseignement, et ils viennent d’ailleurs de réitérer avec la création d’une chaire e-business à HEC (NB l’article a une photo vraiment sympa, avec tous ces messieurs charmants, mais… où sont les femmes ? ). Je n’y reviens pas car vous avez déjà eu toutes les infos là-dessus, le sujet a été pas mal débattu (Cf. notamment ces plateaux que nous avions faits sur Techtoc), et le besoin est là du point de vue des entreprises. Par contre je trouve intéressant d’évoquer son modèle-même, qui m’a paru plus souvent susciter doutes et questions, de 2 sortes : En toile de fond, un défi sociétal qui dépasse le projet EEMI. Le paradoxe qu’il y a former et qualifier par des diplômes à des métiers inscrits dans une innovation permanente, et qui s’accélère. La vidéo « Did you know » le résumait : « Nous préparons actuellement des étudiants à des métiers qui n’existent pas encore… pour leur permettre de résoudre des problèmes dont nous n’avons encore aucune notion. » Et très pragmatiquement, la question récurrente que j’ai observée est la façon dont l’EEMI va se différencier de l’existant pour y répondre, sans pour autant pratiquer d’élitisme. Comment s’y prendre pour garantir à cette école une réactivité et une proximité permanentes au « terrain » (besoin des entreprises – attentes des étudiants), et une organisation de la formation (enseignements – profils d’enseignants) « meilleures » ou plus adaptées que ne sont supposées le faire les autres offres de formation ? En résumé, si l’école et le système scolaire « traditionnel » se heurtent à des obstacles difficiles à résoudre par les méthodes « classiques », comment imaginer relever le défi d’y parvenir, en répliquant ces mêmes pratiques ?   Résoudre le désir d’apprendre La personnalité et les réputations des fondateurs, doublées de la perspective de trouver un emploi dans l’une des entreprises partenaires, suffiront probablement à remplir les listes de l’EEMI. Et je ne pense pas que le problème n°1 soit la question financière des frais d’inscription, qui peut être velléitairement résolue par des systèmes de bourse et de crédit. Le vrai défi n’est pas là. Le vrai défi vous l’avez évoqué, messieurs Granjon, Niel, Simoncini, dans votre interview à Paris Match. Vous en êtes les meilleurs exemples : vous dites « avoir réussi en dépit du système« . Car sans que ce soit aucunement imputable à ses acteurs, aux milliers d’enseignants qui chaque jour s’investissent dans la plus belle mission qui soit, l’école s’est, par beaucoup d’aspects, déconnectée de son but. Avec notamment pour conséquence ce qu’évoquait J.A. Granjon : « il n’y a pas de désir d’apprendre ». Nombreux jeunes sont en perte de sens, du sens d’apprendre. Je trouve pourtant que le manque n’est pas toujours celui du désir d’apprendre : beaucoup, responsabilisés, trouveront dans leur travail ou d’autres facettes de leur vie 1.000 occasions de l’exercer. Quant au but, ils l’ont tous : trouver un job qui leur plaise (si possible bien payé). Le problème est plutôt celui du lien entre les deux. Ceux qui font encore ce lien, ou s’efforcent de le maintenir, feront gentiment, comme dans toute autre école, leurs 3 ans d’étude, et le système s’auto-alimentera. L’enjeu serait de réussir à accrocher aussi ceux qui sont en perte de sens vis-à-vis de l’école mais qui ont bel et bien l’envie de bosser dans le Web, des idées et surtout l’énergie d’en mettre en œuvre. De parvenir à capter ces belles énergies, non pas « contre », mais indifféremment du système : qu’elles soient aptes ou pas à en passer le filtre (filtre qui repose aussi sur l’auto-confiance et la confiance en ce système). C’est une question comportementale autant que scolaire. Comment redonner du sens à l’apprentissage ? « L’École Mutuelle » : les deux sens d’apprendre L’école mutuelle est un concept ayant eu cours au début du XIXe dans certains pays d’Europe, et interdit par le pape Léon XII en 1824. Anne Querrien, dans un livre « L’école mutuelle : une pédagogie trop efficace ?« , préfacé par Isabelle Stengers (voir son article « le droit d’apprendre« ), en a décrit l’expérience menée en France à la Restauration. Créée dans le but d’apporter aux plus pauvres le juste minimum de connaissances utiles pour pouvoir être placés en apprentissage (lire – écrire – compter), l’école mutuelle était un enseignement de masse, disposant de très peu de moyens car doté à l’économie. Son organisation était donc très différente : un seul maître pour la faire fonctionner, en pratique avec des classes de 60 – 80 élèves (d’un point de vue théorique jusqu’aux limites de capacité d’accueil des bâtiments : plusieurs centaines d’élèves), et un espace de travail organisé de façon fluide, pour permettre les regroupements dynamiques, sous forme « d’ateliers ». La pédagogie, collaborative, reposait sur un enseignement réciproque. Car apprendre, c’est apprendre… mais c’est aussi apprendre aux autres : « enseigner, c’est apprendre deux fois. ». Chaque élève, quand il avait compris quelque chose, l’expliquait à d’autres : tout élève ainsi à la fois apprenant, et enseignant au niveau inférieur, est assuré de toujours trouver une place qui lui corresponde. L’enseignement entre pairs résout « l’obstacle » de l’hétérogénéité en en faisant un atout. L’école mutuelle a été fermée parce qu’elle dépassait ses objectifs d’efficience et n’atteignait pas ceux de « politiquement correct » : les élèves apprenaient en 3 ans le curriculum prévu pour 6, mais n’y acquéraient pas ce qui était estimé être le « respect du savoir ». Susceptible de remettre en cause, socialement, sa mission assignée et l’ordre établi, elle ébranlait aussi, les notions mêmes de pédagogie et d’enseignement (appropriation du « droit d’apprendre », existence d’une « bonne façon » d’apprendre… ?) Ce modèle, qui a peut-être été idéalisé par l’auteur mais qui semble avoir convaincu tous ses lecteurs, n’en reste pas moins un exemple empirique de réussite extrêmement intéressant à explorer, si on le rapproche des pratiques habituelles et des perspectives de « social learning » dessinées par le développement d’Internet. L’école de l’Internet : une student-driven school… le barcamp scolaire ? Xavier de Mazenod, dans un billet de 2010, relevait aussi cette analogie de l’école mutuelle, notamment avec les barcamps : les « non-conférences », ateliers participatifs essentiellement axés sur le web, sans conférencier désigné, où chacun apporte quelque chose, contribue d’une façon ou l’autre. De la même façon, on peut la rapprocher des Webschools. Préconisés par Jean-Michel Billaut, initiés par Fabien Prêtre avec celle d’Orléans, expérimentées sous forme intégrée à l’entreprise par Lippi, ces ateliers du numérique, gratuits et ouverts à tous, même encadrés par un expert, gardent pour principe-clé un échange libre, où chacun peut développer son apprentissage, ses usages et pratiques, mais aussi partager ses propres connaissances en animant des ateliers. Une « école de l’Internet », comme l’EEMI, pourrait mettre en œuvre une organisation axée sur ces modèles collaboratifs : « pas de spectateur, tous acteurs ». L’enjeu serait alors moins de consacrer temps et énergie à produire des ressources déjà largement accessibles et à les délivrer verticalement, qu’à placer les jeunes en prise directe et complète avec la co-construction de projets mais aussi de leurs propres connaissances. Des jeunes engagés d’emblée dans l’interaction avec leurs pairs et avec l’entreprise, et dans la propagation des idées et questionnements émergents, sur leur périmètre d’action. Cela suppose oser une conception « 2.0″, moins statique et plus dynamique du savoir, focalisée sur l’efficacité de l’apprentissage et sa dimension individuelle, comportementale, et relationnelle (collaboration, créativité, confiance en soi et en les autres, droit de comprendre – ne pas comprendre – questionner – remettre en cause, etc.) Un savoir qui pourrait y conserver périmètre et lignes directrices, même s’il risque par certains aspects d’avoir à se reposer sur le « life long learning », et d’échapper au filtre des labels académiques : mais c’est à mettre au regard de la génération d’amateurs et d’autodidactes passionnés qui se sont, souvent, passé de ces cadres pour produire les possibilités et horizons qu’offre l’Internet aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, je crois que nul n’est plus légitime qu’une école (des métiers) de l’Internet, pour en pratiquer et en véhiculer non seulement les connaissances et savoir-faire, mais aussi les modèles sociaux, comportementaux, collaboratifs, et créatifs, qui précisément en font la richesse et les perspectives. Si c’est la perte de sens qu’il faut traiter, le « pourquoi – comment apprendre » qui fait défaut, en garantissant aux élèves un emploi à l’issue de leurs études, je pense que la « carotte » peut être suffisante pour y parvenir. Mais imaginer un modèle d’enseignement susceptible d’y suffire à lui-même, un modèle ayant l’audace d’appliquer ce qu’il veut enseigner, voire même transposable à d’autres applications éducatives, ne serait-il pas un défi plus extraordinaire encore ? Et si tel est le cas, qui mieux que les meilleurs exemples d’excellence et de réussite dans l’univers numérique, serait à même de s’y essayer, et de « mettre des Zodiac à côté du paquebot pour explorer d’autres voies » ? By Ho John Lee from Palo Alto, California, USA (Barcamp 2005, Palo Alto) CC-BY-2.0 (www.creativecommons.org/licenses/by/2.0) via Wikimedia Commons

  • "Les médias sociaux expliqués à mon boss" (3 commentaires)

    Article de blog publié par Frédéric BASCUNANA
    Je suis en train de lire l'ouvrage coécrit par Yann Gourvennec et Hervé Kabla, il est intéressant parce qu'il comble, grâce à un positionnement pertinent, un certain vide dans la littérature consacrée au sujet. Je reviendrai donc en livrer mon analyse sur ce blog très prochainement. En attendant, par solidarité pour ces jeunes auteurs qui ont le vent en poupe et plein d'énergie à partager, je ne puis que vous inviter à les rencontrer lors de leur soirée de lancement, ce mardi 1er février.