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Vers un manifeste du Social Rich Learning et du Social rich media

    J’ai récemment tapé dans Google ces trois mots : « social rich learning ». Rien trouvé. Puis « Social rich media ». Bon sang, toujours rien si ce n’est une seule et unique réponse utilisant exclusivement cette expression – mais dans un contexte ne convenant pas tout à fait à ce que à quoi je me serais attendu en toute logique (et dans un article daté du 31 janvier 2008 – puis plus rien ne comportant cette expression dont j’étais persuadé qu’elle véhiculerait de nombreuses opportunités). Si vous lisez ce billet avant fin février 2010, essayez, vous verrez.
    Non pas que j’aie été déçu de ne trouver qu’un article faisant référence à une solution d’éditeur (apparemment sympa au demeurant), mais j’ai été très surpris que personne n’ait intellectualisé la notion induite par l’expression.
    On parle pourtant bien d’interfaces riches, de rich commerce, de rich media; on parle bien d’un autre côté de Social learning et de Social media : comme je ne suis pas du côté de ceux qui font la course aux inventions jargonneuses et autres néologismes 2.0, je ne cherchais pas à réclamer la paternité d’un concept et ma recherche était dans un esprit de pure veille. Mais là, le vide observé m’anime d’intentions compulsivement propédeutiques.
    Pourquoi ? – parce que j’ai réalisé que l’expression a un véritable intérêt dans la mesure où, paradoxalement, elle s’est imposée à moi non pas comme le fruit d’un cheminement intellectuel, mais dans une situation de recherche du fait d’une évidente lacune. Par sérendipité purement cérébrale si j’ose dire.

    Cette fois je n’attendrais pas qu’on m’impose une vision au carré ou cubique du web (je l’avoue tout net : je n’y adhère pas encore), pour autant la course aux mondanités élitistes dans le microcosme des gourous 2.0 ne m’anime guère : juste une immense frustration : je suis en quête d’aspérités, de poignées, et si je ne me raccroche pas à un concept solide je vais tomber dans le vide ou me raccrocher à des branches qui ne supporteront pas le poids de mes besoins en formalisation de pensées et en précision sémantique. J’ai donc décidé de me saisir de cette notion tout simplement parce qu’une expression me manque à moi, personnellement, au quotidien, pour définir ce que j’ai involontairement inventé en développant une web-tv à l’origine purement expérimentale : techtoc.tv.

     

    Dans le billet qui va suivre je vais tout d’abord décrire en quelques mots le fruit de mes trouvailles involontaires du fait du tâtonnement rendu possible par techtoc.tv, la première web-tv à dimension véritablement collaborative (à ne pas confondre avec « communautaire », le terme ne décrivant qu’une étique partie de la réalité concernée). Je vous dirais ce que je pense du concept de Social Learning, crucial mais insuffisant pour mon besoin de formalisation.

    Enfin je ne sais pas encore comment je vais conclure, mais grosso modo je vais me débrouiller pour vous transmettre la passion et la sincérité avec lesquelles je suis tombé sur les notions de Social Rich Media, et de Social Rich Learning qui me semblent totalement indissociables et néanmoins distinctes (mon malicieux ami Vincent Berthelot avec qui je pérore de tout cela au quotidien a posé les termes de « Social Rich Media Learning » – il faudra que je l’invite à boire un coup pour le convaincre doucement de se ranger à ce que j’estime être ma nécessaire scission sémantique, ne serait-ce que pour des raisons de longueur d’expression).

    Dans la suite de mes billets, je vous livrerai le fruit de lectures scientifiques passionnantes qui viennent avaliser un certain nombre de théories, je vous parlerais de ce que j’estime être au fondement d’un Cerveau Global, ce qui m’inspire et me fait penser que le sujet est fondamental à échelle universelle. Mais cela sera le fruit d’autres approfondissements, le présent billet nécessite déjà forcément d’être long.

     

    Observations issues de l’expérience techtoc.tv :

    Le succès de techtoc.tv a été une énorme surprise, c’était au départ une expérimentation n’ayant d’autre prétention que de nous permettre de tester notre plateforme collaborative. A l’origine, une site vidéo communautaire nous semblait souffrir d’un déficit gênant : l’absence de couche sociale. Moralité : Dailymotion et YouTube affine leurs business model autour d’une éditorialisation croissante, de la pertinence du référencement ou encore de services aux annonceurs, mais il ne faut pas confondre « User Generated Content » et collaboratif. Les sujets livrés sur ces plateformes sont le fruit d’initiatives individuelles, et ces sites sont avant tout des diffuseurs, les conversations n’y sont pas constructives mais relèvent de l’épiphénomène.

    Dans l’initiative techtoc.tv l’idée c’était :
  • De recruter les intervenants avec qui nous souhaiterions discuter en table rondes en mode talkshow ;
  • De proposer les sujets en ligne avant même des enregistrer ;
  • D’infléchir la ligne éditoriale des sujets en fonction des premiers retours ;
  • De catalyser la conversation : ne pas la laisser livrée à elle-même mais s’y mêler, exposer les règles du jeu en filigrane et de facto permettre aux visiteurs et aux membres inscrits de percevoir la présence d’une intermédiation qualitative. En somme tout le monde est invité au comité éditorial, mais il y a des rédac chef.
  • De recruter des talents : sont accédés ensuite au statut de contributeurs, sans règle écrite, en privilégiant l’échange purement informel, les membres les plus actifs ayant accepté de jouer en toute transparence le jeu de l’échange.
 

     

    Premiers constats après 8 mois d’existence :

  • Ce qui aurait dû être une vingtaine de contributeurs (notre ambition initiale, sic) s’est révélé être 600 contributeurs actifs scindés en contributeurs très actifs (284 à ce jour) et plus de 300 autres membres ayant les statuts « d’intervenants occasionnels » ou « conférenciers ». Je dois même ajouter que du fait de ces rencontres qualitatives c’est ainsi que notre société a recruté de façon inopinée quatre nouveaux collaborateurs, parmi les contributeurs actifs.
  • Le site est désormais sur un rythme de croisière de 600.000 pages vues pour un peu moins de 180.000 visiteurs uniques et une moyenne de 140.000 vidéos chargées chaque mois. Toutes ces vidéos étant réalisées exclusivement avec des techniques moyens internes, mais avec une logique éditoriale collaborative.
  • Nous avons dépassé il ya deux semaines le cap des 4000 inscrits ayant pris le soin de se créer un profil complet sur le site : un peu moins de 50% d’entre eux sont positionnés en mode public, le reste ce sont donc des gens qui ne sont pas forcément là pour s’exposer, mais pour dialoguer à visage découvert avec les membres du réseau avec qui ils échangent, ou pour pouvoir postuler sur les plateaux que nous organisons.
  • La plus grosse source d’étonnement est liée au temps de visionnage moyen d’une vidéo (sachant qu’elle dépassent toutes une heure de plateau TV) : si l’on exclue les clics ne donnant pas lieu à plus de 4 secondes de visionnage (durée du générique d’ouverture), les visiteurs regardent en moyenne 83,5% du temps total de chaque vidéo… J’y vois principalement la récompense d’un style direct, sans ambages, sans concession aux consensus mous quand ils ne s’imposent pas, des moments de questionnement et d’ignorance décomplexés : le snobisme et l’élitisme ont immédiatement été bannis, la langue de bois aussi. Les visiteurs ne se sentent pas « markétés » et ils ont raison.
  • Les commentaires n’ont jusqu’à aujourd’hui (je touche du bois, tiens, pourvu que ça dure), jamais nécessité la moindre modération : nous eussions attendu un ou deux trolls en goguette; mais apparemment, les contenus et l’initiative inspirent une sorte de respect, la communauté est en quelque sorte le fruit d’une autorégulation collective, il plane sur ce site une déférence mutuelle immédiatemebnt perceptible des nouveaux venus.

     

    La table ronde au cœur d’un cercle d’absorptions mutuelles et croisées :

    Enfin dernier constat : il est ressorti de cette expérience un surnom, celui dont les proches contributeurs m’on affublé, à savoir « Bob l’éponge ».

    C’est de là que tout est parti et c’est ce qui explique cet exercice de formalisation que j’estime utile et même nécessaire. Parce qu’après tout je ne suis pas le seul à mériter ce surnom qui ne vient que d’une chose : à savoir que nous absorbions toutes nos connaissances mutuelles d’une façon qui n’a absolument rien à voir avec la façon dont on absorbe l’information reçue passivement face à un émetteur magistral.

     

    Nous sommes tous interconnectés et nos fluides intellectuels sont mixés non seulement dans les conversations générées en amont et en aval des tournages, mais au travers de ce que j’ai voulu être le symbole fondateur de nos web-tv : la table ronde qui est au centre des débats – je l’ai faite construire sur mesure pour qu’elle soit suffisamment grande et confortable pour un débat avec de nombreuses invités, jusqu’à 9 parfois.

    Symboliquement, les invités sont tous à équidistance du centre et une forme surprenante d’intelligence collaborative surgit de cette manière d’échanger sur un parfait pied d’égalité dont la référence remonte aux Chevaliers de la Table éponyme (rien à voir donc avec les fameuses « tables rondes » organisées dans les salons professionnels dans lesquelles les invités sont à vrai dire en rang d’oignon face à la salle, manquent de micros et sont invités à ne jamais s’interrompre pour ne pas troubler les exposés académiques ou commerciaux de leurs voisins) :

     

  • Ici le débat est encouragé avec franchise,
  • Le modérateur n’est pas un passe-plat, il prend une part critique à la conversation en cours et surtout encourage la prise de parole,
  • Liberté de ton et de parole cohabite avec un encadrement structurant,
  • En filigrane tous les invités savent qu’il faut donner le meilleur de soi-même puisque tout est filmé et rediffusé sans possibilité de s’y opposer après coup, ni de procéder à des retouches au montage (cette perception d’un environnement médiatique engageant a un impact sur la concentration de chacun).
 

     

    La nuance entre communautaire et collaboratif :

    Je ne sais pas si j’ai besoin dès lors de faire un long détour pour exposer les différences ou nuances qui existent entre « communautaire » et « collaboratif ».

    On peut être dans sa communauté totalement livré à soi-même et ne pas collaborer : simplement déposer une information.

      

    Ici le collaboratif nait de la friction des questions, des réponses, du contexte médiatique qui engage et responsabilise, du fait qu’en vidéo, un visage bien filmé de face et en prise avec une conversation animée, a beaucoup plus de mal à embellir un point de vue insincère que ne peut le faire une plume propice aux tournures écrites qui dissimuleront mieux sophismes et argumentations captieuses : la réaction-punition est immédiate, l’incompréhension perceptible chez les autres participants est tout de suite visible et entraîne des questions dérangeantes.

      

    Heureusement, nous pouvons bien sûr éluder pour l’instant le piège de la maestria politique dont savent faire preuve nos édiles communicantes ; ici les jeux d’acteurs n’ont pas encore leur place, et quand bien même on observerait une tentative d’effet de manche, les émissions échappent au style minuté, préfabriqué des émissions habituelles et donnent toute la place au droit de réponse immédiat même s’il faut repousser la fin de l’enregistrement d’un quart d’heure. 

     

    L’argumentation et le désir de clarté relèvent d’un jusqu’au-boutisme assumé comme méthode de travail. 

       

    La surprise finale réside dans l’extraordinaire injection de connaissance en accéléré que représentent ces échanges filmés. 

      

    Immergés (ce qu’aiment les éponges) dans ces séances de mises à l’épreuve de leurs connaissances, dans un contexte qui ne laisse plus vraiment de place aux discours corporate policés, les membres participants me font presque toujours une remarque liée de près ou de loin au plaisir qu’ils ont eu de mesurer dans cette situation un peu nouvelle ce qu’ils avaient pu apprendre – et pas simplement ce qu’ils avaient pu exposer.  

     

    Au commencement était l’engouement participatif :

    L’engouement participatif est l’étincelle de départ : parce qu’une communauté a besoin de partager un but commun pour prendre une dimension collaborative, l’enregistrement d’un plateau devient le prétexte fondateur.

    L’immersion participative se révèle un levier idéal de connaissance, le plateau Tv se révèle un examen de passage intellectuellement stimulant qui oblige chaque participant à fouiller en soi-même et réunir mentalement les ressources de son exposé la veille du tournage, qui permet de concrétiser ce cheminement en lui donnant une finalité. 

     

    Comme toute personne normalement constituée, nous sommes en quête d’une gratification : ici c’est celle qui consiste à faire bonne impression auprès de son audience.

    Mais si n’était qu’un sympathique exercice de communication, vous imaginez bien que je j’en serais pas là : ici un apprentissage collectif émerge dans la friction participative.

      

    En thermodynamique, si j’y connaissais quelque chose je pourrais vous épater dans le détail mais pour les besoins de ma démonstration vous saisirez le raisonnement général, on sait que du frottement résulte une déperdition d’énergie : or quand on sait récupérer cette énergie, cette chaleur qui est le fruit des forces contraires qui entrent en collision, peut faire l’objet d’une récupération qui peut à son tour alimenter une dynamo et actionner une ampoule.

    La métaphore est parfaite puisque l’énergie lumineuse qui surgit de tous ces frottements c’est de la connaissance, et cette connaissance a d’autant plus de valeur pour les participants et leur audience qui s’implique dans la conversation ou suit le challenge par procuration, que c’est une connaissance fabriquée dans l’interaction entre tous les intéressés : c’est connu, on apprend mieux en s’impliquant ou même en enseignant aux autres ce qu’on découvre en l’enseignant comme le neveu de Rameau.

    En disant tout cela je pourrais avoir décrit ce que d’aucun ont découvert et considéré comme du « Social learning ».

     

     

    Différences avec le Social learning :

    Le terme me dérange en ce qu’il se limite au constat de ce que depuis la nuit des temps les hommes font déjà informellement: ils apprennent ensemble dans un univers d’interdépendances complexes, le plus souvent informelles et qui même perdent en efficacité à mesure qu’on tente de les formaliser après coup. On fait un peu semblant là de s’émerveiller d’une découverte qui n’en est pas une, et puis on va vous vendre du conseil pour favoriser le fameux apprentissage informel.

    Reprendre à son compte une propension naturelle et universelle présente un intérêt :

    Celui de la formaliser.

    OK.

     

    Mais de sérieux désavantages en résultent : on tente d’injecter de l’informel pour favoriser le petit miracle.

    Et pour que cette injection fonctionne il faut en quelque sorte sortir avec recul du contexte de son émergence « innocente » (au sens philosophique du terme).

     

    Le Social learning est donc un concept crucial, je ne le conteste pas.

    Mais c’est plutôt un constat, qui ne fait pas état d’une formalisation utilitariste (car c’est bien ce qu’on lui demande).

     

    Tout l’intérêt de la démarche consiste à enrichir cet état de fait qui est le fruit de l’engouement instinctif que tout un chacun ressent quand il est immergé dans un environnement participatif stimulant. L’enrichir comment ? Par des outils appropriés : pour moi c’est le contexte que nous avons donc créé, sans avoir de prime abord complètement saisi sa portée, en créant techtoc.tv, dont je suis persuadé aujourd’hui que chaque élément joue un rôle scénique et stimulant fondamental :

    la table ronde, la plateforme collaborative, l’intermédiation éditoriale (avec son lot de risques), la sanction de l’enregistrement, l’acte final et hautement symbolique de cession de son droit à l’image etc.

     

     Je ne pars donc pas du principe que je suis là pour favoriser l’émergence du Social learning : « tu ne me chercherais point si tu ne m’avais déjà trouvé » nous rappellent les Evangiles.

    Cette composante énergétique est-elle là ou pas ? – là n’est pas mon affaire, je ne suis pas chargé de cette mission ardue qui consiste à faire croire que je pourrais favoriser l’alchimie collaborative : là est toute ma nuance. Je ne suis là que pour l’enrichir.

    Je pars donc du principe qu’elle peut exister mais je m’en lave les mains – ceci étant dit en toute franchise dans le but d’éviter les malentendus.

     

    Car ce que je chercherais trop à provoquer pourrait en dernière analyse créer un effet laboratoire : à trop vouloir quelque chose, on finit par le saboter.

    Philosophiquement le problème a été traité par d’autres : il est impossible d’être ce que l’on sait, ou de savoir ce qu’on l’on est.

     

    La petite distance, ce je-ne-sais-quoi ou presque-rien de conscience qui s’immisce entre la conscience et l’action signifie la perte de l’innocence dans l’intention. Chacun a pu l’expérimenter d’une façon ou d’une autre. Un acteur qui s’observe en train de jouer cesse de ressentir l’émotion précieuse. De même quiconque partirait du principe qu’il lui faut « inventer » le nouveau Twitter serait bien en peine d’en renouveler l’alchimie expérimentale, la découverte involontaire: la préméditation n’est paradoxalement pas compatible avec la découverte de génie. Nietzsche lui-même estimait que le cerveau pouvait produire au hasard 5 minutes de trouvailles géniales par jour grand maximum, mais que c’était le fruit d’un travail acharné inconscient de lui-même, au point qu’on ne sait qu’on a fait une belle découverte qu’avec le recul, ou quand c’est un regard extérieur qui vous confronte à la trouvaille.

 

     

     

    Le Social rich learning :

    En somme je m’abstrait totalement de cette alchimie qui ne me regarde pas.Mais si elle existe, et seulement dans ce cas de figure, le bon dispositif est là, qui entre scène.Et « enrichit » alors l’expérience constatée: au moment où elle est lancée, on instille des outils permettant de l’optimiser.

     

    Dans techtoc.tv nous avons donc involontairement soutenu une alchimie, nous ne l’avons pas favorisée, la nuance est importante : nous ne sommes pas dépositaires d’une quelconque trouvaille située dans coucou-les-nuages. Nous accompagnons les frictions et les instants de vérité.

     

    Pour exprimer cela je n’ai donc trouvé de meilleur expression outil de travail que les termes de :

     

  • Social rich learning
  • Social rich media

      

    Le Social media désigne un outil, un état de fait, presque au même titre que le Social learning, c’est le mixage des deux dont il surgit une nouvelle réalité, et là une méthodologie peut être appliquée . Là, on peut tenter de renouveler l’expérience, mais à, partie des ingrédients adéquats, pas en prétendant faire naître ces ingrédients. Quoiqu’on pourra toujours s’arroger le mérite de leur résurgence cyclique et inévitable (un jour ou l’autre) mais là n’est plus le débat.

     

     

    Enrichir le media social :

    Notre travail consiste à enrichir le media social, à enrichir l’impulsion implicite de la communauté apprenante désignée par ce vocable de Social Learning : celui-ci est une réalité donnée, fiable, objective. L’ajout d’un dispositif est quant à lui le fruit d’une méthodologie : en tant que telle elle ne promet aucun miracle, mais elle peut décupler l’effet avantageux de l’alchimie si elle existe en amont.

    Je ne suis pas en concurrence avec mes collègues penseurs du « Social learning », mais en complémentarité.

     

    Je ne me réclame à vrai dire que d’un aspect particulier de leur formalisation plus ambitieuse et plus large.

     

    Se disputer sur la paternité du concept ou se lancer dans une polémique à l’échelle de notre microcosme intellectuel sur la nuance que j’apporte serait aussi vain que si l’on avait pinaillé à la sortie du terme « rich media » quand « multimédia » existait déjà. L’introduction d’un nouveau concept doit avoir une valeur pratique, c’est le cas du Social rich learning, qui est un cas particulier du Social rich media – ou du moins sa variante la plus évidente et la plus stimulante pour en percevoir la portée.

     

    En ce qui me concerne un hasard expérimental m’a permis de mettre le doigt sur une notion qui comble désormais ce que j’estimais être un vide, une lacune jusqu’alors indicible.J’espère susciter une opportunité de débat et d’échanges pour que de ceux-ci, puisse naître une connaissance ascendante.

     

    J’avais besoin d’un repère et d’un point d’entrée pour matérialiser en quelque sorte ce premier jalon d’une réflexion que je compte mener et approfondir dans un premier temps avec mon ami et co-formalisateur Vincent Berthelot sur un blog à l’adresse socialrichmedia.com et sur socialrichlearning.com pour ses applications particulières au monde de la formation – sous forme d’une méthodologie que nous avons créée avec nos web-tv et que nous allons continuer de pousser.

     

    Et bien sûr, il va de soi que nous allons rapidement proposer des plateaux où d’autres experts viendront nous livrer leur ressenti.

     

    Cela devrait enrichir le processus d’apprentissage croisé…

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Des nouvelles depuis techtoc.tv où je m'exprime souvent

  • Open Source - Logiciel Libre (posté par Dominique Rabeuf)

     Open Source et Logiciel Libre

    L'Open Source a été défini et ses modalités formalisées par l'Open Source Initiative (1998).
    L'organisation Open Source Initiative est née d'une scission au sein de la communauté du Logiciel Libre, notamment en raison de divergences entre Free Software Foundation et BSD.

    Beaucoup d'autres déclinaisons existent, le plus souvent par confusion ou pur marketing trompeur et aussi pour des raisons historiques comme les fameux freewares ou sharewares.

    Polémiques, idéologies, combats économiques
    Bill Gates avait qualifié le mouvement mené par Richard Stallman de nouveau communisme.
    Des leaders comme Richard Stallman et Eric Stephen Raymond affichent des opinions et convictions très marquées
    Le soutien de l'Open Source et l'implication de certaines compagnies a surtout été un moyen de contrer des concurrents, d'abandonner l'entretien coûteux et non rentable de systèmes propriétaires.
    Le poids des associations d'utilisateurs et des organismes de standardisation a contraint leurs fournisseurs à plus de cohérence et à s'engager sur le respect de standards.
     
    L'aube de l'histoire
    Durant les années 1950-1970 le business model des constructeurs d'ordinateurs n'accorde pas de valeur marchande aux logiciels qu'ils fournissent, les systèmes d'exploitation et utilitaires sont rarement facturés.
    Beaucoup livrent les sources des logiciels et laissent les utilisateurs (tous très avertis à cette époque) les modifier et les redistribuer.

    Suite à des batailles judiciaires engagées par des éditeurs de logiciels indépendants des constructeurs, la vente tarifée des logiciels fournis par les constructeurs devient obligatoire.

    Une partie des constructeurs cesse de fournir les sources, d'une part pour des soucis de maintenance et d'autre part pour protéger leur savoir faire.

    L'épopée Unix
    Unix (Nommé Unics à l'origine en raison de l'objectif de faire un petit Multics) est développé par ATT.
    Notons que ATT a diffusé à titre quasiment gratuit, les sources d'UNIX dans les universités, tout simplement parce que ATT n'avait pas le droit de commercialiser du logiciel.
    Unix devient une alternative de système d'exploitation sur une machine très en vogue (PDP11) du géant DEC (1979)
    ATT ayant obtenu le droit de commercialiser du logiciel, le prix des licences s'envole.
    Pour ne plus verser de royalties à ATT, Berkeley Software Distribution éradique dans le source le code venant de ATT (1989/1990)
    Richard Stallman en désaccord avec BSD lance le projet GNU (GNU is noit Unix) (1985)
    La quasi totalité des constructeurs et grands éditeurs font leur propre Unix (sauf Apple et Microsoft) (1985/1995)
    Le projet Linux nait en Finlande, son initiateur est Linus Torvald, l'objectif était de faire un Unix tournant sur PC/Intel en ne dépendant plus des licences propriétaires (1991)
    Les premiers procès pour contrefaçon surgissent, ils sont loin d'être terminés (cf SCO contre Novell et Linux
    IBM soutient Linux et beaucoup de constructeurs et éditeurs de logiciels suivent, les PCs/Stations/Serveurs de taille moyenne, adoptent quasiment tous Intel.
    Les principaux survivants de la famille en 2010
    • Propriétaires: AIX (IBM), SCOHP/UXMacOS (Apple)
    • Open Source: Linux (une dizaine de distributeurs), Minix, BSD (Free/Net/Open), Sun Solaris

    Soit une vingtaine d'acteurs principaux

    De multiples variantes (par dizaines) existent, sur les grands calculateurs jusqu'aux mobiles et petits systèmes embarqués.
    La famille Unix est peu présente sur PC (mis à part MacOS) en raison du faible support des périphériques et de la disponibilité des applications grand public et d'entreprise sur ces systèmes

    Gratuité de la licence et Open Source
    Open Source n'implique pas la gratuité de la licence, inversement de nombreux logiciels non Open Source sont licenciés gratuitement
    La confusion avec la liberté d'accès au source et la gratuité vient du terme anglais free qui est employé pour libre et aussi gratuit

    Les deux principaux types de licence
    GPL (General Public License) Définie par la liberté d'utiliser, d'adapter, diffuser des modifications, redistribuer à condition qu'un logiciel utilisant des composants sous licence GPL le soit également
    LGPL (Lesser General Public License) La différence est qu'un logiciel sous licence LGPL peut être intégré dans un logiciel propriétaire
     
    Modes de développements, modèles économiques et stratégies.
    Les développeurs de logiciels en Open Source sont souvent des professionnels ou des étudiants, leur mode de fonctionnement est très structuré (ce ne sont pas des gars dans un garage).
    Si certains le font à titre gratuit d'autres sont rémunérés à plein temps.
    Le plus souvent les licences sont délivrées gratuitement, quelques fois des licences entreprises ou professionnelles spécifiques sont payantes (cf Red HatmySQL Enterprise)
    Les développements pour les grands projets sont souvent financés par des sociétés éditrices de logiciel ou organisations de standardisation (l'achat de Sun par Oracle met en danger mySQL et Java)
    Certains produits Open Source très répandus dépendent en grande partie du soutien financier de majors du logiciel (Google et Firefox, IBM et Linux)
    Le soutien à l'ouverture du logiciel fait par Sun pour contrer Microsoft ne lui a pas été profitable.

    Les éditeurs d'Open Source sont plutôt tournés vers une rémunération basée sur le support et les services.

    Notons que mis à part certains logiciels de licence très coûteuses, le poids du coût des licences s'amenuise face aux coûts de formation, mise en oeuvre, support et services.
    La bannière Open Source n'étant pas une appellation contrôlée strictement encadrée, on voit tout et n'importe quoi
    • des éditeurs clament leur appartenance à l'Open Source et leur site vous invite à demander un devis
    • d'autres ont fait juste quelques copiés collés et posé leur logo
    • certains sont douteux car ils embarquent des sources contrefaits ou protégés

    Open Source et standards, futurs combats
    L'Open Source a émergé sous la pression de la standardisation et de l'homogénéisation des plateformes.
    Les guerres des systèmes d'exploitation et des suites bureautiques vont s'éteindre, ce ne sont plus des vecteurs profitables sur les PCs (sauf pour Microsoft et Apple)

    La fermeture des Mobiles, eBooks et autres stations qui vont émerger va être le terrain de nouveaux champs de batailles.

    La compétition entre formats de contenus (audio, vidéo, livres en ligne) va prendre de l'ampleur (cf Apple contre Adobe)
    C'est une occasion pour l'Open Source de gagner de la popularité en envahissant les nouvelles stations et en proposant des formats et players standards

    Les entreprises utilisatrices des logiciels en Open Source (Autres que bureautique, navigateurs et messageries)
    • Les grands comptes qui peuvent réaliser une économie d'échelle
    • Des majors comme GoogleFacebookAmazon qui ont pu personnaliser les logiciels (en gardant leurs modifications pour leur propre usage)
    • Les opérateurs de télécommunication
    • Les universités et centres d'études et de recherche
    • Les éditeurs de solutions logicielles et fournisseurs de sites Web
    • Les prestataires d'hébergement
    • Bref des entreprises qui disposent de ressources compétentes pour la mise en oeuvre et des développement complémentaires

     

  • Festival de la WebTV, suite et fin (posté par Stanislas Jourdan)

    Suite à mon article sur le festival organisé par Jean cressant de la société Net Média Com, il semblerait qu'il y ait eu une maladresse dans la communication du festival.

    Il s'agit d'un festival visant à valoriser les auteurs de films, et non les plateformes
    . A ce titre, Net Média Com n'organise nullement un festival de web-tv à proprement parler, la  terminologie « festival de WebTV » est  inappropriée, ce qu'en a d'ailleurs convenu mon interlocuteur chez Net Média Com.

    Je précise que si cela nous avait semblé clair dès le premier abord, il est évident que je n'aurais pas pris l'initiative d'un tel article.

    En définitive, nous considérons donc que ce festival ne concerne pas notre écosystème.

    Toute l'équipe de techtoc souhaite une bonne continuation à Net Media Com dans l'organisation de ce festival dédié aux auteurs.

  • Le Social Rich Media : une nouvelle tendance ? (6 commentaires, posté par Frédéric BASCUNANA)

     [NB : merci à Vincent Berthelot qui m'a aidé à finaliser cet article par ses suggestions et les modifications éclairées qu'il y a lui-même intégrées]

    Vous aviez jusqu'ici le Social Media d'une part, avec son tissu complexe de technologies et d'influences croisées, et d'autre part le Rich media qui depuis un peu plus de 10 ans fait référence aux sites web enrichis avec de la vidéo, scénarisés de façon plus ou moins complexe en fonction de leur degré de synchronisation.

     

    En mariant les deux approches vous obtenez le "Social Rich Media".

     

    De même que les interfaces sont devenues des "interfaces riches", que les plateformes e-commerce ont évolué vers une composante "rich commerce", de même le Social Media s'est enrichi pour donner le "Social Rich Media" (c'est du moins notre proposition).

     

    Quelle pertinence y a-t-il à pointer cette nuance conceptuelle ?

     

    Tout d'abord, elle nous projette dans une nouvelle dimension : la scénarisation collective.

     

    Cette démarche n'affecte en rien ce qui fait la force du média social, à savoir l'alchimie communautaire qui permet à chacun de poser sa brique participative. Elle encourage en le structurant un peu plus ce que nous appellerons l'engouement collectif spontané. Elle repose enfin sur la

    production d'intelligence qui surgit de la friction et des frottement des points de vue - qui permet d'ailleurs de parler d'apprentissages informels croisés.

     

    L'enrichissement du média social permet d'accentuer ce qui constitue la force des communautés, Facebook l’a parfaitement compris avec un usage intensif de l’image et de la vidéo, Twitter si ascétique n’y échappe pas non plus et permet de durer au-delà de l'engouement initial des premiers enthousiastes.

     

    Plusieurs expériences récentes sur lesquelles nous reviendrons dans d'autres billets suivant celui-ci (et en fonction de votre intérêt pour le sujet), démontrent que le partage d'un objectif commun matérialisé spécifiquement dans la cocréation d'une vidéo (qui exige un minimum de scénarisation - ou du moins une trame), est un levier, ou prétexte, à susciter de la légitimité tout autant communautaire, par l’implication des membres sur un livrable objectif (un plateau webtv, une vidéo) qu'éditoriale - en s’appuyant sur l’intelligence collective pour améliorer la qualité de la production.

     

    Le Social Rich Media se révèle donc un dispositif stimulant : c'est une opportunité pour concrétiser collectivement le traitement d’un sujet, ou un message mieux formalisé que ce quen l'habituelle spontanéité inhérente aux réseaux sociaux laisse présager, dans une vidéo préparée par plusieurs intervenants. Parmi eux, les plus légitimes sont garants aux bonnes fins, une intermédiation qualitative (voire un leadership), s'impose d'elle-même parce qu'elle est justifiée par l'atteinte d'un résultat visuel dont la communauté souhaite sanctionner la réussite. Wikipedia est un media collaboratif par excellence, mais elle a pour finalité la production d'un contenu encyclopédique patrimonial qui justifie par essence l'intervention d'un filtre qualitatif assuré par une police de conformité (les power users). Dans le Social Rich Media, le mécanisme vue de très haut est le même mais l'objectif est de créer et diffuser à l'arrivée un contenu rich media.

    On ne peut néanmoins pas dire par exemple que YouTube soit un support "collaboratif" : c'est un support communautaire dédié à une diffusion de contenus créés par des utilisateurs individuels. Par contre une web-tv dite "collaborative" mobilise sa communauté pour la cocréation du contenu vidéo en question : celui-ci est discuté en amont, et sa diffusion en aval nourrit la réflexion sur les sujets des épisodes suivants.

     

    Cette interaction peut au travers du Real Time Web influencer en temps réel le contenu vidéo par les échanges avec les internautes qui peuvent demander aux intervenants de préciser un point particulier, de répondre à une objection ou toute autre réaction de feedback d’ajustement.

     

    Enrichir le media social de cette logique peut être un excellent levier pour motiver la formalisation et la structuration d'un objectif éditorial commun.

     

    Ce concept étant au stade de la réflexion expérimentale, dites-nous si vous souhaitez que nous allions plus avant dans sa formalisation, avec votre aide et vos propres retours d'expérience si le cœur vous en dit ?

     

  • L'inavouable règne des ayatollah 2.0 et la social-bouderie-ware (7 commentaires, posté par Frédéric BASCUNANA)

    Dans le droit fil d' une réflexion que je propose sur le concept - méticuleusement éprouvé dans le contexte du fantastique laboratoire expérimental que représente à cet égard techtoc.tv, ici même et avec vous -  de "Social Rich Learning".

    (le Social Rich Learning, c'est un dispositif d'apprentissage collaboratif, reposant sur le mariage méthodique d'un service de réseau social modéré par des gestionnaires de conversations, avec une plateforme rich media pour stimuler la cocréation collective. Cette approche originale de la formation est fondée sur le partage d'un objectif éditorial commun concentré dans la production de supports vidéo, dans les échanges critiques qu'elles impliquent, pendant leur préparation en amont, et dans les réactions de la communauté en aval).

     
    Voici un retour d'expérience dont l'ironie extrême ne devrait pas vous échapper.
    Et qui pointe encore les profondes faiblesses d'une écosphère en quête de repères intellectuels et dans laquelle, si l'on y prend garde, Monsieur Bisounours 2.0 va tout tenter - épreuve de force réputationnelle, dialectique éristique, mauvaise foi, flatterie - pour tenter de s'accaparer, que dis-je, confisquer (et c'est là ce qui m'alarme) la pensée et les concepts du web social pour créer une "orthodoxie 2.0" : là où, concrètement, on est encore dans les sables mouvants d'une pensée émergente, là où, plus qu'ailleurs peut-être, il faut laisser tout le monde faire acte de dissidence décontractée face aux Ayatollahs auto-proclamés du 2.0 - dont vous allez comprendre dans ce qui suit pourquoi ils me tapent sur les nerfs à juste titre. D'où la petite histoire.
     
    Je propose donc tout récemment et en tout innocence d'utiliser des vocables dont j'ai, personne ne pourra m'en nier la légitimité, un usage systématique depuis des années (je fais du rich media depuis 1999, j'ai produit des dizaines de contenus à vocation e-learning et j'ai bossé pendant trois ans à l'élaboration de cette plateforme sociale combinant collaboratif et vidéo) : bref, j'arrive de façon logique au terme de Social Rich Learning.
     
    La vraie source d'inspiration se situe d'ailleurs ici, dans les commentaires de bas de page figurant dans ce qui n'était à l'origine qu'une annonce pour faire retranscrire les plateaux TV : 
    on y voir naître une chouette conversation sur la pertinence de cette combinaison vidéo + texte + liens sociaux.
     
    J'étais persuadé qu'un débat passionnant, et mutuellement enrichissant allait jaillir et nous faire échanger avec les personnes qui "portent" en France le concept de "Social Learning".
     
    Et voici le constat amusant : ils nous boudent.
     
    Vincent en a même perdus comme followers dans son compte twitter, moi ils refusent de réagir à ce que j'ai écrit. Une pathétique, affligeante tentative d'ostracisme 2.0 : on aura décidément tout vu dans l'esprit du web, parfois aussi chevaleresque qu'une asperge en quête de béchamel (vous le savez, je le dis souvent, je suis sans pitié avec les gens qui n'ont pas les cojones supposées accompagner l'éthique qu'ils défendent). Tentative d'autant plus affligeante que des marques de premier plan (je vais revenir très vite là-dessus) et des observateurs crédibles soutiennent activement, et pas que par des hochements de tête mondains, je dis bien "activement", le concept auquel ils confèrent une légitimité pragmatique. En somme, les autres s'isolent en croyant nous isoler : un vieux classique de l'insuffisance cérébrale.
     
    Pourquoi est-ce particulièrement et prodigieusement amusant dans le cas présent ?
     
    Mais de par la définition même du Social Learning, pardi !
     
    Quel paradoxe plus vil que celui de pseudos intellectuels qui se qualifient comme tels après avoir été recalés sur d'autres thèmes, qui n'appliquent pas les préceptes édictés par la théorie qu'ils défendent si doctement.
    Eh oui, ne leur en déplaise, exactement comme dans le "Social Learning" l'apprentissage surgit de la friction, des pensées dissidentes, des détails qui font la différence.
    Qu'ils défendent un concept est tout à leur honneur. Nous, nous défendons un dispositif. Nous aurions pu marier les deux. Eux, ils inventent une surcouche de concept 2.0 : la social-bouderie-ware.
     
    Le Social Learning permet de donner une autre dimension à tout ce que l'on savait déjà des apports de l'Entreprise 2.0.
    Le Social Rich Learning met l'accent sur la combinaison vidéo + éditorialisation textuelle + media social collaboratif. (pour les non-avertis, il faut entendre "Rich"  comme l'on dit "interfaces riches", "rich commerce" ou encore bien sûr : "rich media", par référence aux pages d'un site web qui sont enrichies de vidéo).
     
    Je suis d'ailleurs tombé par hasard sur cette expression en la recherchant sur Internet, persuadé que le concept devait déjà exister. Elle brillait par son absence.
    J'ai utilisé les termes pour en faire une marque de fabrique. Bientôt, les 3 grandes sociétés qui utilisent depuis plusieurs mois déjà ce dispositif vont en faire un témoignage en plateau TV pour en acter les retours gratifiants et l'efficacité : j'ai donc prouvé que ça "marchait". Je me la pète grave, je sais : mais du moins ne peut-on pas me reprocher un pet foireux d'intello imbus dans la tempête. J'ai bossé dans le concret pour ça et je n'ai pas joué aux rats des salons virtuels mondains pour essayer de faire croire à tout le monde que j'avais inventé l'eau chaude.
     
    Alors là je me durcis et voici comment je livrerais ma pensée : maintenant cette posture d'experts-2.0-à-la-mord-moi-le-mulot commencent sérieusement à me gonfler.
    Ils confondent tout : buzz word et dispositif concret, débat et confiscation de concepts. Parce qu'ils ont pensé comme des gamins dans un bac à sable qu'il suffisait de dire "Preum's"  pour squatter un concept maintenant ils exposent leur lancinante jalousie. De façon générale ce réflexe issu d'un autre monde et d'une autre époque doit être cassé dans l'oeuf. Que je m'y emploie un peu.
     
    Vincent et moi-même n'étions pas d'accord sur le terme à choisir : heureusement que n'avons pas fait sécession de tout échange sous prétexte que les vues étaient divergentes. Bon sang. Vous n'avez donc pas compris que nos petits positionnements conceptuels tenaient dans un mouchoir de poche ? Vous n'avez pas compris que l'idée grandit dans le partage, qu'elle se développe comme une gerbe d'étincelles dans plusieurs directions si on accepte le débat ?
     
    Aujourd'hui j'en suis au constat de ce paradoxe navrant : que les personnes qui m'ont fait, il fut un temps, penser et croire qu'elles avaient une carrure inspirationnelle sont finalement les plus médiocres plumitifs de l'écosphère bien-pensante où règne le bisounours vaseux, crevard, en quête de reconnaissance et du premier client tant attendu : obsédé par la propriété d'un concept dont il est le dernier des derniers à appliquer les implications logiques : eh oui, le "Social Learning" c'est aussi cela, un Fred Bascu et un Vince Berthelot qui dans la discussion décident d'un affirmer une nuance : juste une nuance bordel ! 
     
    Et que font-ils ? Ils snobent la conversation, drapés d'une aura de suffisance mondaine, à court d'arguments.
     
    Pourtant, ils nous ont bien mangé sur le dos, ils se sont fait voir chez nous, grâce à nous. Bien contents qu'on les invite en plateau pour se pavaner avec des concepts qui les positionnent comme intellos du Social-ware-de-mes-deux-points-zéro.
     
    (l'ironie dans ce dossier est un puits sans fond puisque c'est en définitive grâce au concept que nous éprouvions en direct live avec eux qu'une visibilité qualitative a pu leur être offerte - laissez-moi me répandre en "lol" juvéniles)
     
    Donc, pendant ce temps-là, nous trouvions des applications concrètes, et nous construisions une "communauté apprenante" - ce qui semble les faire enrager, murés dans un silence désapprobateur dont je suis d'ailleurs là, tout à m'en faire l'écho, non pas pour leur rendre service, mais parce que de tous temps et dans toutes les disciplines intellectuelles ou pseudo-intellectuelles de la planète il s'est trouvé des "experts" et autres Ayatollahs pour lever les bras au ciel et nous confisquer nos sources d'émotion et de curiosité : putain, ne touchez pas à mon écosystème 2.0 !!
     
    Jusqu'ici, il semblait résister à cette forme d'incoercible idiosyncrasie élitiste. En refusant le débat et en essayant de contrer l'éclosion d'une idée, ils sont avant tout les flics d'une conformité naissante et certainement pas dépositaires des bonnes valeurs du web social : celles qu'ils prétendent promouvoir mais dont ils ont besoin de glaner, présupposer, mimer la primeur dans un réflexe lucratif : pour tenter de nous signifier qu'ils l'ont confisqué.
     
    Alors oui, tant pis si je pisse dans un violon et que le débat ne prend pas encore avec eux : mais qu'un porteur de ce concept ose encore plastronner devant moi tout en n'assumant pas les conséquences de ce qu'il prétend défendre (de façon Ô combien ironique dans le contexte du Social Learning dont c'est précisément la vocation, quelle poilade et quel sens de la contradiction propédeutique chers amis !), qu'il ose se qualifier de "praticien" quand il n'est tout au plus qu'à lui-même un cul-serré de ses propres théories, qu'il ose la ramener en me faisant croire qu'il a une quelconque légitimité alors qu'il refuse tout débat, eh bien je lui dirais tout simplement : 
     
    "il faut être digne de porter les idées que vous défendez".

     

  • Green Vision (I) Développement durable (4 commentaires, posté par Dominique Rabeuf)

    En prévision d'une future chaîne Green Vision sur TTT

    Que signifie développement durable

    Ce diagramme issu de Wikipédia illustre le terme de développement durable

    alt

    Une trilogie

    • Ecologie

    • Société

    • Ecomonie


    Dont la zone d'équilibre serait le Développement Durable

    Remarques

    • viable serait un compromis entre écologie et économie si on néglige le social  

    • équitable serait un compromis entre social et économie si on néglige l'écologie  

    • vivable serait un compromis entre social et écologie si on néglige l'économie

    « un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. »
    Wikipédia

    • Il s'agit de répondre à nos besoins sans compromettre ceux des générations futures.(1)
    • Tout le monde aujourd'hui se préoccupe d'écologie, les écoles écologistes génèrent plus de prose que trente six mille Monsieur Jourdain.
    • Sommes nous dans une vaste illusion égoïste en satisfaisant nos besoins tout en prétendant préserver ceux des générations futures ?
    Le label «développement durable» va t'il servir de tarte à la crème pour la promotion publicitaire, le maquillage de produits très classiques (re-looking de tromblons), l'argument massue politique et social ?
     

    Le vendeur « Ce chauffe pieds a été conçu dans un souci de développement durable »
    Madame Michu « Mais comment être sûre que mes arrières petis enfants ne maudiront pas mon achat ? »
    Le vendeur « Nous sommes certains à 90% que votre choix restera valide dans le futur, nos experts sont formellement consensuels à ce sujet »
    Madame Michu « Mais comment faites vous pour savoir tout cela ? »
    Le vendeur « Ceci est un secret technologique, nous pouvons maintenant prédire l'avenir avec des certitudes statistiques améliorées et enrichies par le Web4 »
    Madame Michu « Je vais aller consulter le Community Manager du Réseau Social de mon quartier »
    Le vendeur (dans son for intérieur) « ... Et une vente de plus, une - Le Community Manager est commissionné... »


    Les mots ont un sens, sinon les discours en auront ils ?
    Ce début de définition est destiné à clarifier les termes qui seront les définitions de base pour des débats ultérieurs

     

    (1) Se préoccuper des générations futures (nos successeurs, que nous ne connaîtrons pas forcément) est assez nouveau dans nos cultures et civilisations très marquées par le culte de l'ancêtre, le respect de la tradition, le devoir de mémoire et beaucoup d'autres pesanteurs. Est ce une manifestation cosmologique animée par une volonté réaliste de perpétuer notre espèce Homo Sapiens ou une façon de tenter de remettre l'irrationnel au premier plan et de relancer la prédominance des prophètes, des sectes, des églises, bref de l'idéologie ?

  • Quel est le moteur du web ? La technologie, l'humain ou le business ? (16 commentaires, posté par Dominique Rabeuf)

     

    Ceci est en liaison avec le plateau du 17 mars 2010
    Le Plateau

    Les questions sont celles de Boris Perchat 

    Qu'est-ce qui a donné lieu au passage du web 1.0 au web 2.0 et qui donne lieu actuellement au passage du web 2.0 au web 3.0 ? Quelle est la part de la technologie, celle de l'humain et celle du business ?

    L'appellation Web 2.0 a été médiatisée par O'Reilly en 2004. Le Web d'avant a été par certains rétrospectivement numéroté Web 1.0. Le Web 2.0 n'a aucune base technologique particulière. Le Web 2.0 est constitué de modes et usages variés issus des pratiques des utilisateurs et des acteurs du business.


    Les concepts de web temps réel, de web des données, de web sémantique et de web squared font ils référence à une approche humaine, technologique ou business de l'évolution du web ? Comment pourrions-nous définir ces concepts en une phrase pour qu'ils soient compris de tous ?

    Le Web temps réel débarque, cela va être d'usage courant. Attention à ses modes de fonctionnement, nous avons assisté aux introductions un peu rapides et mal ficelées de Google Wave et Google Buzz. L'outillage technologique est disponible (XMPP) mais il n'est aisément supporté par les navigateurs.

    (XMPP n'est pas qu'une façon de faire de la messagerie temps réel, c'est un protocole plus solide, plus sécurisé, permettant des dizaines de milliers de connexions sur un serveur de la puissance d'un PC récent. Reste à refondre complètement les sites Web)

    Le Web² est une étape du bon vieux (déjà) Web 2.0
     
    Le Web 3.0 désigne par convention le Web Sémantique. Sémantique et Ontologie n'ont pas attendu le Web. Le lien entre le Web et la sémantique vient tout simplement du fait que la formalisation logique moderne a été réalisée par le W3C. C'est le renouveau de l'intelligence artificielle et des outils d'explorations de données facilitant les travaux non seulement de chercheurs en sciences exactes et expérimentales mais aussi les travaux d'historiens, de juristes, médecins, sociologues. Les théories existent depuis longtemps mais la mise en pratique a nécessité une vingtaine d'années de formalisation standardisée et bien sûr ceci est possible grâce aux évolutions technologiques et baisses de coût de la puissance de calcul et de l'espace de stockage.
    Pour illustrer: imaginez que dans votre moteur de recherche vous tapiez votre requête et vous avez en retour une dizaine de réponses tout en étant quasi assuré que ce sont les seules pertinentes répondant à votre demande.
     

    Comment pourrions-nous décrire l'évolution du web pour qu'elle soit comprise de tous ?

    Avant tout, évitons les confusions entre Réseaux, Internet, Web, Mobiles.
    Le Web tend à fusionner et rendre accessible sur un support unique du côté de l'utilisateur: téléphonie, cinéma, radio, télévision, jeu, livres, outils bureautiques, messageries, presse, services administratifs/commerciaux/informations (bien d'autres choses encore, mais ne compliquons pas, la barque est suffisamment chargée)


    Quelles sont les valeurs humaines montantes sur le web ? Pourquoi ?

    Au delà des valeurs tous les comportements humains, à bonne ou mauvaise notation, sont présents. C'est un très bon espace pour le jeu, la curiosité, la convoitise.
    Ce que le Web apporte de vraiment nouveau c'est l'ubiquité, l'affranchissement des barrières géographiques dans la communication.
    Notons que le Web met en danger la souveraineté des états dans leur rôle de gardien territorial et de médiateur social et culturel.
    L'homme invente l'outil, certains outils transforment l'homme.

    Nos outils collaboratifs sont-ils le signe que nous avons adoptés un véritable esprit collaboratif ?

    Le Web facilite la tâche de ceux qui collaborent. L'être humain ne collabore efficacement que s'il y trouve un intérêt. En dehors du Net il y a eu (1965 - 1985) des modes participatives en entreprise et des communautés en tous genres ont proliféré, tous ces mouvements se sont quasiment éteints.
    Néanmoins la mise à disposition d'outils attractifs peut susciter des comportements collaboratifs.

    Pourquoi sommes-nous prêts sur les réseaux sociaux à exposer aux yeux des autres nos pensées et nos états d'âme ?

    Les utilisateurs du Web ne s'expriment pas tous, loin de là. Très peu d'utilisateurs sont inscrits dans des réseaux sociaux et la plupart de ceux qui sont inscrits ne s'expriment que très peu. Les utilisateurs du Net sont dans leur grande majorité à la recherche de contenus. C'est dans la nature des choses que les consommateurs soient plus nombreux que les fournisseurs et les spectateurs plus nombreux que les acteurs (imaginez un peu l'inverse !). 


    Les entreprises et les marques parviennent-elles à asseoir leur présences sur les réseaux sociaux ou sont-elles hors jeu ? Les valeurs du business peuvent-elles s'y épanouir ?

    C'est une obligation pour les entreprises et le commerce d'être présents sur le Net. La difficulté à établir une image, une attraction, pour une marque ou une entreprise est beaucoup plus importante du fait de la multiplication des supports sur lesquels une présence pourrait lui être utile. La stratégie de présence au sein des réseaux sociaux est délicate si l'on tient à se distinguer des pratiques envahissantes voir carrément intrusives.
    Les pistes à explorer sont le sponsoring et surtout le mode apparu aux US: User Conference qui va au delà de la promotion et du service client.


    Le community manager peut-il parvenir à réconcilier les valeurs technologiques, les valeurs humaines et les valeurs du business ?

    Le trop fameux « Community Manager » est apparu. Les contours de la fonction sont très contextuels. C'est un administrateur au sens premier du terme: il apporte son soutien, il gouverne (tient le gouvernail) et exerce une autorité naturelle. C'est avant tout quelqu'un qui a compris que les facettes des comportements sociaux humains sont très complexes et surtout que l'être humain n'est pas un animal social facile.

    Pour plus de clarté j'ai publié ici mes réflexions au sujet du plateau
     

     

  • techtoc.tv se retire de l'évènement Paris 2.0 (46 commentaires, posté par Frédéric BASCUNANA)

    A l'origine, la proposition était simple : bénéficier d'une partie de l'espace loué par Jérémy Dumont à l'occasion de la manifestation Paris 2.0 pour organiser un plateau TV autour de thèmes qui nous sont chers comme l'innovation sociale par les technologies. Avouons-le d'emblée : les sujets étaient séduisants et notre seul objectif est d'accompagner les professionnels de cette écosphère quand ils ont de bons débats à développer en perspective.

     
    Nous devions pour cela nous charger - comme pour n'importe quelle émission de techtoc.tv - de l'installlation d'un plateau TV, de son animation, du community management qui va avec sur le site où les sujets sont annoncés. Qu'est-ce qu'implique le fait de déplacer le plateau techtoc.tv (caméras, plateau, lumières, régie...) afin de réaliser l'émission à l'extérieur : ceci est dans nos gènes, nous le faisons sur de nombreux événements B2B, après nous être préalablement assurés que dans le contenu à enregistrer il y a aura une dominante "éditoriale" et non exclusivement commerciale - question de pertinence du contenu. Qui plus est l'espace Kiron nous a semblé un lieu sympathique pour aller à la rencontre de la communauté techtoc.tv.
     
    techtoc.tv s'engageait à filmer et à co-animer les conférences organisées par Paris 2.0, à les monter et les chapitrer, puis à les mettre en ligne sur sa plateforme de diffusion, prenant à sa charge tous les frais liés à cette opération qui, rappelons-le, dure 5 jours pleins.
     
    Malgré la pertinence des sujets, l'élément perturbateur se situe dans un autre contexte particulièrement alarmant : celui de la campagne de communication orchestrée autour de Paris 2.0 par ses promoteurs. Et dont les retombées sont pour le moins paradoxales, le bruit négatif n'allant qu'en s'amplifiant sur la blogosphère et la twittosphère. L'actuelle exaspération de nombre d'intervenants qui dans l'écosystème continuent de pointer certaines pratiques répréhensibles va croissant. Nous avions quelque espoir, avec le temps du moins, qu'elles seraient corrigées par leur auteur. Ces pratiques néfastes pour l'image de Paris 2.0 n'ont pas cessé malgré de nombreuses mises en garde, au départ fort bienveillantes, puis évidemment, en fin de parcours, infiniment plus comminatoires étant donnée la persistance des méthodes employées.
     
    techtoc.tv est une webTV participative, elle n'a pas de raison d'être sans la communauté qui l'entoure et qui fait non seulement sa ligne éditoriale, mais également ses programmes. Quand les membres de la communauté se retrouvent sur un plateau, invités à partager leurs expertises, ils l'ont fait consciemment, et en toute transparence : le processus est constamment affiché en temps réel sur la page des plateaux en préparation. 
     
    La confiance n'est pas une simple valeur de marque, c'est un moteur sans lequel il nous serait impossible d'avancer, et le fait de jouer avec autant de légèreté avec les marques d'un certain nombre de partenaires, voire d'intervenants, est pour nous inacceptable.
     
    Devant cela, nous avons décidé de nous retirer de l'évènement Paris 2.0 afin de ne pas être assimilés aux pratiques mises en place par son organisateur. Nous avons réussi en moins d'un an à installer une relation de confiance entre des professionnels clés du secteur et notre média, et nous tenons à préserver cette confiance, quel qu'en soit le prix.
     
    Nous déplorons l'annulation de ces plateaux, et nous conserverons un contact aussi privilégié que possible avec celles et ceux qui se sont investis dans leur préparation. Nous espérons de la sorte ne pas fermer la porte aux personnes qui, au départ, n'avaient évidemment pas à pâtir des conséquences de ce bruit négatif, et avec qui il sera toujours possible de compenser la frustration aux travers d'autres tables rondes en plateau TV ou sur d'autres événements.